Macro-économie / Taux / Fed / BCE / Politique monétaire / Inflation
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Fed / BCE / Politique monétaire / Inflation
Impossible de faire fi de la Fed pour la BCE / Toute précipitation face à des politiques monétaires découplées demeurerait à proscrire
Gare à toute réaction hâtive. Cette préconisation ne surprend guère lorsqu’il est question de politique monétaire, pourtant le phénomène décrit dans un billet de blog publié sur le site de la Banque centrale européenne (BCE) n’est pas le plus intuitif et loin de là. Les quatre auteurs de la publication avancent que lorsque les politiques monétaires des États-Unis et de la zone euro se découplent, alors une remontée inattendue des taux de la part de la réserve fédérale (FED) a des effets diamétralement opposés sur l’inflation européenne selon l’échelle de temps considérée.
En effet, un impact inflationniste initial pour la zone euro est induit par ces taux directeurs plus élevés qu’attendus aux États-Unis et produit son plein effet lors des trois mois après cette décision. Il s’avère que plus le temps passe, plus cette dynamique initiale est compensée par des pressions désinflationnistes. La publication statue qu’à "moyen terme, la politique monétaire américaine pousse l’économie de la zone euro dans la même direction que le feraient des changements de politique dans la zone euro".
Balançoire
Un resserrement surprise de la politique monétaire aux États-Unis n’en demeure pas loin d’être anodin. Tout un mécanisme est détaillé par les auteurs lesquels expliquant que le premier effet étant que l’euro va alors se déprécier face au dollar. Ils considèrent par la suite que "cela rend les biens importés plus chers. Cet effet est particulièrement pertinent pour les importations de la zone euro libellées en dollars américains, comme le pétrole et d’autres matières premières". Dans la foulée un euro plus faible signifie également que le prix des exportations de la zone euro vers les États-Unis diminue, de quoi soutenir légèrement l’activité économique et les prix dans la zone euro.
Les données qu’ils partagent corroborent la thèse d’un choix de la Fed qui produit d’abord des effets contraires sur le sol européen à ceux recherchés pour l’économie américaine. Pourtant avec les mois qui passent, les auteurs constatent que "globalement, les effets à moyen terme de la politique monétaire américaine sur la zone euro ressemblent donc à l’effet modérateur de mesures similaires prises par la BCE". Réagir rapidement pour compenser l’effet des choix américains peut se comprendre à court terme, il est cependant argué qu’au-delà de cet horizon, "cela renforcerait l’impulsion de resserrement (ou d’assouplissement) venue de l’étranger, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, créerait des risques que la BCE, à son tour, ne dépasse (ou ne sous-estime) son objectif d’inflation".
La charge de la preuve
Le durcissement des conditions de financement aux États-Unis va en effet in fine avoir des conséquences nouvelles sur la zone euro notamment via les marchés financiers mondiaux. Un effet récessif pour la Veille Europe qui se couple à celui obtenu pour les États-Unis, ce dernier conduisant à une baisse des importations provenant de la Zone euro en raison d’une demande en berne outre-Atlantique.
La méthodologie de travail permettant d’obtenir ces résultats est détaillée, il est ainsi argué que les chocs en question "correspondent à un changement de politique monétaire qui va au-delà de la réponse habituelle d’une banque centrale aux évolutions économique".
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