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Technique Solaire

Plus d'un an après avoir levé 200 millions d’euros, Technique Solaire tient ses engagements / Une stratégie qui s'exécute et des caps importants de franchis

Le producteur indépendant d'énergies renouvelables, qui avait levé 200 millions d'euros auprès de Bpifrance et Crédit Agricole à la fin de l'année 2023, vient de signer un exercice record sur le plan de l'activité, qui lui aura aussi permis de passer le cap d'1 gigawatt-crête (GWc) de capacités de projets photovoltaïques, en exploitation ou construction. Le fruit d'une feuille de route bien établie et suivie de près, tandis que les prochaines étapes à franchir sont aussi organisées.
Julien Fleury, Lionel Themine et Thomas de Moussac, co-fondateurs du groupe Technique Solaire. Crédits : Technique Solaire
Julien Fleury, Lionel Themine et Thomas de Moussac, co-fondateurs du groupe Technique Solaire. Crédits : Technique Solaire

Technique Solaire avait été mis sous le feu des projecteurs à la fin de l’année 2023, en signant une levée de fonds de 200 millions d’euros auprès de Bpifrance et Crédit Agricole. Soit l’une des opérations phares de la période. Ce jeudi, le producteur indépendant d’énergies renouvelables publie le bilan de son année 2024. Et force est de constater que l’entreprise co-fondée en 2008 par Julien Fleury, Lionel Themine et Thomas de Moussac a su mettre le temps ayant suivi son importante opération de financement à profit.

Elle a en effet réalisé 240 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, ce qui correspond à une croissance de 20 % sur un an. Rentable depuis sa création, l’entreprise a aussi maintenu cette dernière à bon niveau. "Nous avons surtout dépassé le cap de 1 GWc de capacité d’énergie photovoltaïque en exploitation ou en construction. C’est un marqueur important pour nous, car il s’inscrit dans notre objectif, d’ici à 2030, d’avoir atteint les 4 GWc", fait remarquer à WanSquare le co-directeur général de l’entreprise en charge du développement, Thomas de Moussac. La capacité de Technique Solaire est pour l'heure environ équivalente à celle d’une tranche de réacteur nucléaire.

 

L’enveloppe prévue reste de mise

 

Pour s’en rapprocher, l’entreprise poitevine, qui a aussi ouvert un bureau à Toulouse cette année, compte se développer grâce à deux axes stratégiques : mettre l’innovation au cœur de ses activités et renforcer son empreinte internationale. Autant de buts qui devraient mobiliser 4 milliards d’euros d’investissements d’ici à la fin de 2030. Afin d’y parvenir, la société a procédé à une levée de dette de 224 millions d’euros auprès de Bpifrance (toujours) et de la Caisse d’Epargne CEPAC en avril dernier. D’autres annonces de ce type devraient donc s’égrener au fil du temps.

De quoi se donner les moyens de rester bien aligné sur la feuille de route, alors que le groupe a mis 130 mégawatts crête (MWc) de capacités en service au fil de l’année, notamment en raison de l’installation de 250 nouvelles centrales solaires. Ces avancées portent son parc à 1 000 centrales en exploitation. À noter que 40 MWc des capacités de Technique Solaire ont été mises en service dans l’agrivoltaïsme, un sujet qui lui est particulièrement cher.

"Environ 90 % de notre clientèle de propriétaires fonciers sont des agriculteurs", explique de son côté Julien Fleury, co-directeur général en charge des opérations. "C'est une opportunité pour le monde agricole, car nous sommes capables de leur apporter des solutions : soit avec des loyers pour partager la valeur, soit avec des outils", poursuit-il. L'entreprise développe par exemple des serres photovoltaïques, des abris climatiques, ou encore des volières brevetées. "Si 0,5 % de la surface agricole française était utilisée ainsi, les objectifs de la loi de programmation d’énergie-climat pourraient être atteints. Il n’y a pas de conflit d’usage et nous proposons de quoi coupler agriculture et production d’énergie solaire", ajoute Julien Fleury.

 

Cultiver certaines clés de succès

 

S’il y a donc les mises en service et permis de construire obtenus (notamment à l'international, grâce à l’acquisition de projets aux Pays-Bas et en Espagne, ainsi que la mise en service de la première centrale photovoltaïque flottante de Technique Solaire aux Pays-Bas), l’entreprise a également renforcé sa capacités de production à hauteur de 70 MWc, en internalisant une partie de ses travaux de génie électrique. Car Technique Solaire est en effet présente sur toute la chaîne de valeur, du développement à la conception de ses projets, en passant par l’exploitation et le financement. "Nous investissons dans les actifs que nous développons nous-mêmes. Ils sont généralement exploités pendant plusieurs dizaines d’années, nous avons tout intérêt à être alignés sur les meilleurs standards de construction et de conception. Nous préférons miser sur nos propres équipes pour construire une grande partie des projets, de sorte à ce qu’ils soient aussi livrés plus vite. C’est un facteur clé de succès", relève Thomas de Moussac.

En parallèle, l’activité de biogaz dans laquelle s’est développée l’entreprise plus après sa création a aussi rencontré son public, avec une progression de 67 % de sa production. Un élan qui devrait se poursuivre en 2025, puisqu’il sera notamment soutenu par la mise en service d’une quatrième unité de biogaz, qui a été construite l’an passé. De fait, Technique Solaire ne se prive pas de faire évoluer son modèle d'affaires. Par exemple, deux tiers de ses revenus sont pour l’heure couverts par ses activités de développement et de construction, contre un tiers pour la vente d’énergie. Et l’entreprise compte accélérer sur ce dernier point : un Corporate Power Purchase Agreement (cPPA) a notamment été signé avec Air France en 2024. Il sera mis en service en 2025 et représente le premier du groupe en France.

 

L’énergie "du siècle"

 

Autre axe de développement pour l’année à venir : celui de s’installer sur le segment du stockage de l’énergie. "Les énergies renouvelables, en particulier le solaire, sont devenues compétitives, et il y a des solutions pour mieux gérer leur intermittence et mieux les intégrer au réseau", nous rappelle Lionel Themine, co-directeur général en charge du financement. La première unité de stockage par batterie devrait d’ailleurs être mise en service en début d’année 2026.

Toujours concentré sur sa stratégie, Technique Solaire reste donc confiant quant à ses prévisions d’ici à 2030. Certes, quelques obstacles, comme les changements réglementaires, nécessitent d'être en mesure de pouvoir s'adapter. Mais le développement de l’entreprise reste en tout cas aligné avec ce qui avait été prévu lors de sa levée de fonds. Elle a d’ailleurs, comme promis, également fait croître ses effectifs. Ils se portent désormais à 260 collaborateurs (hors acquisitions en cours de finalisation) et ont été complétés par 76 d’entre eux en 2024.

Un développement que Technique Solaire compte aussi poursuivre en contribuant à faire prospérer sa chaîne de valeur sur le territoire français. Le groupe a en effet investi, aux côtés d'autres acteurs, dans le projet de gigafactory d’HoloSolis, un fabricant de panneaux photovoltaïques basé en Moselle. Une manière d’encourager la compétitivité d’une filière photovoltaïque française promise, selon Technique Solaire, à de belles perspectives : "Le solaire produit de l'énergie peu chère, abondante et à des prix stables. Nous continuons de penser qu'il s'agit de l'énergie du siècle", souligne Lionel Themine.

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