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CPME / PLF 2025
Amir Reza-Tofighi dévoile les priorités de son action à la tête de la CPME / Ce n'est pas aux entreprises de trinquer
Pas une minute à perdre. Pour sa première prise de parole officielle, deux jours après son élection à la présidence de la CPME, Amir Reza-Tofighi, est allé droit au but. Il sait que son élection intervient dans un contexte politique et économique complexe, quelques semaines après la nomination du gouvernement Bayrou et – surtout – en plein examen et vote du budget pour 2025. Si son prédécesseur, François Asselin, dont Amir Reza-Tofighi ne renie absolument pas le bilan tout en souhaitant apporter un nouveau souffle à l’organisation patronale, lui a bien préparé le terrain, le nouveau président de l’organisation patronale sait qu’il doit rapidement faire entendre la voix des PME qu’il représente désormais auprès des pouvoirs publics.
Si l’entrepreneur de 40 ans, cofondateur de l’application de VTC Heetch et Click & Borat, qui a créé sa première entreprise à 16 ans, n’a pas encore de rendez-vous formellement fixé avec Matignon ou Bercy, ses priorités d’actions sont d’ores et déjà fixées : "la simplification, le droit du travail, la compétitivité des entreprises, et les sujets pour la nation, à savoir la dette publique, le financement du modèle social et la souveraineté industrielle", énumère-t-il.
Ses arguments aussi sont prêts : "Il existe une véritable inquiétude économique du fait de l’absence de budget. Dans ce contexte, beaucoup d’entreprises ont d’ores et déjà décidé de baisser leurs prévisions d’investissement pour cette année. Seules 16 % en prévoient en 2025. De fait, sans visibilité politique ou fiscale, les PME se montrent prudentes. À cela s’ajoute la chute de 50 % des emplois nets dans le secteur privé, profilant un taux de chômage de 8 % cette année. De grosses et belles PME sont en difficulté alors que les défaillances de sociétés ont atteint un record en 2024, dépassant largement le rattrapage attendu de la crise sanitaire", a-t-il alerté, regrettant déjà les compromis consentis par le gouvernement Bayrou dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025, notamment l’abandon de l’alignement sur le secteur privé des trois jours de carence dans le public en cas d’arrêt maladie. "Ces compromis vont s’avérer inflationnistes sur le déficit, ce qui est dangereux pour le pays", regrette-t-il.
Amir Reza-Tofighi s’est dit néanmoins rassuré que le nouveau locataire de Bercy, Eric Lombard, semble vouloir poursuivre la politique de l’offre de la France. "Tous nos voisins européens et les Etats-Unis tentent d’appliquer des politiques ‘pro business ‘, il n’y a qu’en France où l’on se dit que la solution est de taxer plus. Nous n’irons pas voir les pouvoirs publics avec des lignes rouges, mais nous avons des exigences. Reculer sur la politique de l’offre serait suicidaire", insiste le nouveau président de la CPME.
Ses craintes : l’augmentation du coût du travail et de la dette publique. "Ce n’est pas bon pour les entreprises car ce sont elles qui seront mises à contribution pour la résorber, à un moment ou à un autre", prévient-il, estimant également que s’il serait acceptable de procéder à une refonte du système d’allègement de charges préconisé par les économistes Bozio-Wasmer, la réforme proposée par l’exécutif engendrerait des effets négatifs sur les entreprises. "Le texte prévoit aussi des taxes cachées comme sur la prime de partage de la valeur qui, intégrée dans le calcul des allègements de charges, reviendrait donc à faire payer les entreprises. C’est très dommage car le mécanisme fonctionnait bien pour récompenser le travail des salariés ", constate-t-il.
Même constat concernant la potentielle mise en place d’une nouvelle journée de solidarité pour financer la dépendance. "Au final, ce sont les entreprises qui passeront à la caisse puisque ce sont des cotisations supplémentaires qui seront reversées à l’État", poursuit Amir Reza-Tofighi, appelant à un vrai débat et à une réflexion globale sur tous les sujets impliquant les entreprises, comme la réforme des retraites. "Aucun déficit n’est plus permis. Pourquoi les pouvoirs publics ne font-ils pas plus confiance aux partenaires sociaux pour trouver des solutions ? Nous avons une carte à jouer pour montrer que nous sommes capables de trouver des accords", assure-t-il.
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