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Entreprises / Actions / électricité / EDF / EPR 2 / PLF 2025

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électricité / EDF / EPR 2 / PLF 2025

La baisse du prix de l’électricité aura encore un impact significatif pour EDF en 2025 / Les sujets de discussions avec l'État sont décidément multiples

Si les réacteurs de l’énergéticien français ont fonctionné à plein régime en 2024, permettant à EDF de tourner définitivement la page des problèmes de corrosion rencontrés deux ans auparavant, la baisse des prix de marché de l’électricité dans les pays où le groupe opère a fait baisser son Ebitda et ses revenus. Et compte tenu de la baisse durable des prix, EDF anticipe déjà pour cette année un Ebitda en recul. Tout cela alors que la fiscalité imposée à l’entreprise dans le cadre de loi de finances 2025 est jugée contradictoire avec ses besoins d’investissements dans le nucléaire, et notamment les EPR 2.
Luc Rémont (MIGUEL MEDINA/AFP)
Luc Rémont (MIGUEL MEDINA/AFP)

L’année 2022 n’est plus qu’un lointain cauchemar pour EDF. Pour la seconde année consécutive, l’énergéticien français a publié des résultats financiers dans le vert, et somme toute solides. Il faut dire aussi que la production d’électricité a tourné à un rythme plus que soutenu. "Aujourd’hui, nous avons remonté notre production à un niveau tout à fait satisfaisant, à une vitesse remarquable. Elle a augmenté de 53 térawattheures en 2024 par rapport à l’année précédente, pour une production totale du groupe à 520 térawattheures – dont 94 % décarbonée, ce qui nous place au meilleur rang mondial pour un électricien. Cela a permis à la France d’exporter 89 térawattheures d’électricité, soit 78 % de plus qu’en 2023. C’est dire si nous avons de l’électricité disponible pour faire préférer à nos clients l’électricité dans leurs usages ", s’est félicité le président-directeur général d’EDF, Luc Rémont, lors de la présentation des résultats annuels de l’entreprise.

 

Un résultat d’exploitation à un niveau historique

 

Une performance opérationnelle qui a malheureusement été impactée par la loi du marché. Le chiffre d’affaires s’est établi à 118,7 milliards d’euros, en baisse organique de 15,7 % sur un an, directement liée au recul des prix de l’électricité. De même, l’excédent brut d’exploitation s’est élevé en 2024 à 36,5 milliards d’euros, soit tout de même le deuxième plus haut jamais enregistré (après les 39,9 milliards d’euros de 2023, niveau historique) et ce, malgré un impact combiné très significatif de la baisse des prix à -6,2 milliards d’euros. Le résultat net courant reflète logiquement l’évolution de l’Ebitda à 15,2 milliards d’euros, en baisse de 3,3 milliards d’euros. L’entreprise a néanmoins dégagé un bénéfice net part du groupe à 11,4 milliards d’euros, en progression de 1,4 milliard d’euros, tandis que le résultat d’exploitation a atteint l’année dernière un niveau historique, à 18,3 milliards d’euros, en hausse de 5,2 milliards d’euros.

 

Le relèvement de la taxe sur les INB ne passe pas

 

L’on notera par ailleurs que la dette financière nette - bête noire d’EDF - est restée stable, conformément à l’objectif du groupe, à 54,3 milliards d’euros à fin 2024. "Le ratio d’endettement net par rapport à l’Ebitda est solide à 1,49 fois", a précisé le directeur exécutif groupe en charge de la direction Performance, Impact, Investissement et Finance, Xavier Girre, précisant que l’impôt sur les résultats représentait une charge de 4,9 milliards d’euros, en augmentation de 2,4 milliards d’euros par rapport à 2023. "La taxe sur les INB (Installations Nucléaires de Base), relevée dans le cadre de la loi de finances pour 2025 et qui prévoirait une perspective entre 300 et 895 millions d’euros décidée par voie réglementaire, n’enchante pas le groupe EDF ", a déclaré Luc Rémont, ajoutant, "c’est un impôt de production. Relever cette taxe serait a priori contradictoire avec l’objectif d’une part d’avoir des prix de l’électricité bas et, d’autre part, de monter le niveau d’investissement dans le nucléaire. Cela fait partie des discussions que nous devons avoir avec le gouvernement au moment où nous discutons aussi de très gros investissements pour augmenter la capacité nucléaire. Il nous faut avoir une visibilité sur nos conditions d’opérations ".

D’autant qu’EDF paiera en 2025, au titre de la contribution exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés, votée également dans la loi de finances pour 2025, environ 430 millions d’euros, "sans compter le report de l’annulation de la CVAE ", a précisé Xavier Girre.

S’agissant des dividendes versés à l’État, si le président-directeur général d’EDF estime naturel de retourner à l’actionnaire les performances du groupe – l’État a fait savoir à l’entreprise qu’il souhaitait un dividende de 2 milliards d’euros -, pour les prochaines années, Luc Rémont a toutefois estimé que le montant versé devrait dépendre "de la façon dont nous calons avec l’État notre trajectoire financière intégrant évidemment nos investissements ".

 

De la confiance malgré les incertitudes

 

Des investissements notamment dans le programme EPR 2, lui aussi en discussions avec Bercy. "Nous sommes en phase de travail intense. Nous avons à date des devis de coûts sur l’EPR 2 qui sont suffisants pour réaliser le montage financier du projet. Naturellement, ces coûts vont continuer à être affinés dans les mois à venir jusqu’à la décision finale d’investissement qui devrait intervenir aux alentours du deuxième semestre 2026 ", a confirmé le patron d’EDF, insistant, "nous procédons étape par étape. Aujourd’hui, la priorité c’est : à partir des hypothèses de coûts, monter les principes financiers du groupe, qui nous amèneront ensuite à une discussion avec la Commission européenne. En parallèle, nous continuons d’affiner les hypothèses de délais de réalisation ".

Tout cela dans un contexte où le prix de l’électricité va continuer à baisser. "Ce qui signifie un impact sur l’Ebitda 2025 significatif. En partant de 36,5 milliards d’euros d’Ebitda atteint en 2024, nous avons d’ores et déjà un effet prix, pratiquement certain, puisque l’essentiel des prix de réalisation sur 2025 est de l’ordre de 7 à 9 milliards d’euros. Nous avons également une incertitude sur la production, notamment liée à l’hydroélectricité – très supérieure à la moyenne en 2024 -. Nous devons donc intégrer une probabilité d’hydroélectricité plus conforme en 2025 et une production nucléaire stable ", a-t-il prévenu (le groupe estime à 350-370 térawattheures de production nucléaire en France y compris Flamanville 3 en 2025, 2026 et 2027). "Il peut aussi il y avoir des effets positifs ou négatifs comme dans toute activité économique ", a-t-il rappelé, confirmant néanmoins la capacité de l’entreprise à maintenir le caractère sain de son bilan avec un objectif 2027 inchangé, à savoir un endettement financier net sur Ebitda inférieur à 2,5 fois et un ratio de dette économique ajustée par rapport à l’Ebitda ajusté inférieur ou égal à 4 fois.

 

Une politique commerciale en demi-teinte un an après son lancement

 

Interrogé sur les premiers résultats du déploiement de la nouvelle politique commerciale d’EDF, dont 2024 fut la première année complète, le groupe a chiffré à 6 000 le nombre de contrats de fourniture d’électricité signés, représentant 22 térawattheures pour 2028, et 12 pour 2029, "et un passage de 28 à 39 mois d’échéance moyenne des contrats signés en 2024 par rapport à 2023 ", a précisé Luc Rémont, se félicitant que les clients "aient bien compris l’intérêt à pouvoir avoir des conditions définies sur le plus long terme possible, moins susceptibles d’être impactées par la volatilité des prix ".

En revanche, les contrats d’allocation de production nucléaire de plus long terme avec des industriels électro-intensifs ne décollent toujours pas. Seules 9 lettres d’intentions ont été signées à date, dont une ferme. "Des contrats pratiquement finalisés, qui ne nécessitent plus qu’une confirmation pour être enclenchés. Nous continuons d’avoir des discussions détaillées intenses avec un nombre important d’industriels. J’ai confiance en notre capacité à les finaliser à court terme ", a-t-il certifié.

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