Macro-économie / Taux / RTE / EDF / électrification
Macro-économie / Taux
RTE / EDF / électrification
L’Hexagone court toujours après son électrification / Sa consommation d’électricité n’a pas décollé en 2025
Pas de bonne surprise sur l’électrification de la France. Le bilan électrique français de l’année dernière que dévoile RTE aujourd’hui demeure dans le ton des dernières semaines, lesquelles avaient déjà vu le gestionnaire de réseau s’inquiéter des problématiques financières engendrées par une production d’électricité qui est bien supérieure en France à la demande. EDF avait de son côté souligné à quel point la modulation du parc nucléaire, liée à cette inadéquation entre offre et demande, devenait de plus en plus récurrente et coûteuse ces dernières années.
Un constat d’autant plus regrettable que les conditions semblent n’avoir jamais été aussi favorables à ce que la France embrasse les énergies décarbonées. La rétrospective effectuée par RTE soulignant que sur la période « les prix français de l’électricité sur les marchés à terme ont diminué. Ils se sont largement découplés de ceux des pays voisins, et s’établissent désormais à des niveaux très inférieurs à ces derniers ». De quoi expliquer que les exportations tricolores se portent pour le mieux - 2025 ayant été un record en la matière avec près de 17 % de la production tricolore qui a été expédiée à nos voisins.
Arbitrer
Des flux valorisés à une bagatelle de « quelque 5,4 milliards d’euros en 2025 (et de l’ordre de 9 milliards d’euros en prenant en compte le prix moyen des pays vers lesquels la France exporte) ». Les regrets d’une consommation insuffisante en France sont d’autant plus forts, que RTE expose dans le même temps que le contenu en émissions de la production d’électricité française est simultanément un des plus bas en Europe et a atteint un minimum historique. L’abondance de celle-ci est une opportunité indéniable pour diminuer les imports de combustibles fossiles, dont l’Hexagone demeure friand pour l’heure.
Des importations dont le coût demeure conséquent, quelque 53 milliards d’euros en 2025, et constitue une dépendance indéniable pour la France. Ne pas réussir à réduire ces flux fait également peser une épée de Damoclès financière, le système électrique français ayant besoin d’une forte hausse des usages pour ne pas voir la facture exploser. D’autant plus que la temporalité des projets d’infrastructures est sur le long terme et ces derniers sont en partie déjà lancés. C’est ainsi près de « 30 GW de droits d’accès au réseau de transport d’électricité [qui] ont déjà été attribués à ces projets à fin 2025 ». La moitié de ces quelque 30 GW va se concrétiser très prochainement étant donné qu’ils concernent « des projets dont une mise en service est prévue pour la période 2025-2029 et qui devrait conduire à une hausse de la consommation dans les années à venir, même si celle-ci est difficile à estimer précisément du fait des incertitudes qui pèsent sur les vitesses de montée en charge et les taux de réalisation des projets ».
Gisements
Certaines promesses tardent à se concrétiser pour l’heure, c’est notamment le cas de la « consommation électrique des centres de données 'sur site dédié' raccordés au réseau public de transport d’électricité [qui] a continué à progresser même si le volume reste relativement faible au regard de la consommation totale française ». Elle a de fait atteint certes près de 1 TWh en 2025, la progression reste ténue rapportée au 0,8 TWh de 2024.
Le bât blesse tout particulièrement lorsqu’on compare la consommation de 2025 à celle de la période de 2014-2019, la première apparaît dès lors en retrait de près de 6 %. Un constat que RTE explique par « la persistance des répercussions de la crise énergétique et du contexte géopolitique incertain, en particulier sur l’activité industrielle, ainsi que les progrès liés à l’efficacité énergétique », un ensemble de facteurs qui tend à compenser la faible électrification des usages.
On retrouve les grands consommateurs parmi les responsables de ce moindre usage de l’électricité. Majoritairement situés dans le secteur industriel, ils ont vu leur consommation se replier de 1,7 % l’an dernier. Lorsqu’on compare l’année 2025 à la période 2014-2019, on constate que le niveau est près de 13 % plus faible. Une différence majeure avec les sorties des crises précédentes qu’elles soient économiques (2008/2009) ou sanitaire (2020) et qui tend à démontrer que la réindustrialisation de l’Hexagone tarde à s’opérer.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

