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BPCE et Generali unissent leurs forces dans la gestion d’actifs / Naissance d’un géant mondial avec 1 900 milliards d’euros sous gestion
"Créer le leader européen de la gestion d’actifs par ses revenus, et l’un des dix premiers acteurs mondiaux de la gestion d’actifs par les encours sous gestion". En présentant mardi l’opération de rapprochement des activités de gestion d’actifs de l’assureur italien Generali, logées dans sa filiale Generali Investments Holding (GIH), avec celle Natixis Investment Managers, son équivalent chez BPCE, Nicolas Namias, le président du directoire de la banque française a souligné l’ambition claire et "extrêmement simple" qui sous-tend cette opération d’envergure.
D’un montant de 9,5 milliards d’euros correspondant à la valeur des apports d’actifs des deux acteurs, la transaction va marquer un changement de dimension pour les deux partenaires : 1 900 milliards d’euros d’actifs sous gestion, 4,1 milliards d’euros de revenus, des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Il faut bien cela désormais pour exister sur la scène internationale de la gestion d’actifs. Face à la pression croissante sur les marges et à une concurrence de plus en plus féroce, notamment de la part des gestionnaires passifs et des grands acteurs américains comme BlackRock, la quête de taille critique est devenue un impératif stratégique. Ce même environnement qui avait déjà conduit il y a quelques mois au rachat d’Axa IM par BNP Paribas.
Consolidation
"Il est essentiel pour les gérants souhaitant s’inscrire dans une dynamique de croissance, de développement et d’investissement – et nous en faisons partie – de jouer un rôle actif dans la recomposition du paysage de la gestion d’actifs", a souligné mardi Nicolas Namias. Et cela dans un environnement de gestion d’actifs en pleine transformation, notamment marqué par évolution profonde des attentes des investisseurs. Ceux-ci, qu’ils soient particuliers ou institutionnels, réclament des solutions de plus en plus diversifiées, une exigence qui s’accompagne d’une pression croissante pour des produits sophistiqués, en particulier dans le domaine des actifs réels.
À cette mutation des attentes se superpose un autre défi majeur : un environnement économique difficile, marqué par l’inflation et une pression accrue sur les coûts. Comme l’a souligné Nicolas Namias, le "Cost of Doing Business" – ou le coût des activités – augmente pour les acteurs du secteur, poussant les acteurs à repenser leurs stratégies et leur modèle opérationnel pour rester compétitifs.
Un besoin d’adaptation également renforcé par la nécessité d’accéder à un capital permanent, indispensable pour accompagner la croissance de l’industrie. Historiquement, la gestion d’actifs reposait sur une faible intensité capitalistique, mais le développement des actifs réels change la donne, obligeant les acteurs à mobiliser davantage de fonds propres.
Outre la taille, le rapprochement entre GIH et Natixis IM, deux gérants aux stratégies de développement assez proche ayant développé un même modèle multi-affiliés, prend son sens dans leur complémentarité. Grâce à ce mariage, qui comprend un partenariat commercial d’une durée de 15 ans, les nombreuses sociétés de gestion affiliées des deux partenaires seront réunies, chacune offrant une expertise spécialisée, allant des actifs traditionnels comme les actions et les obligations aux classes d’actifs alternatives, tels que les actifs privés.
Game changer
En la matière, la joint venture pourra tirer profit d’un apport significatif de seed money : 15 milliards d’euros injectés par Generali sur cinq ans. Un financement particulièrement important dans le domaine des actifs privés, où les investissements ne sont pas facilement liquides et où un track record solide est nécessaire pour rassurer les investisseurs. Ce capital de départ fourni par Generali facilitera donc le lancement de nouvelles stratégies d’investissement, un véritable "game changer" selon Nicolas Namias.
Le rapprochement revêt également une dimension stratégique forte dans le domaine de la gestion assurantielle, dédiée aux assureurs en fonction de leurs contraintes de passifs, ce qu’on appelle le liability-driven investment. Avec après de 1 000 milliards d’euros sous gestion dans ce domaine, la nouvelle plateforme se positionnera en leader mondial.
La structure de gouvernance du futur gestionnaire d’actifs issu de ce rapprochement "entre égaux" sera parfaitement équilibrée, avec BPCE et Generali détenant chacun 50 % de l’entité. À sa tête, Nicolas Namias, président du directoire de BPCE, occupera la présidence du conseil d’administration, tandis que Philippe Donnet, directeur général de Generali, sera vice-président. Woody Bradford, actuel directeur général de Generali Investments, prendra la direction générale de la nouvelle entité, accompagné de Philippe Setbon, le directeur général de Natixis IM, qui deviendra directeur général adjoint. Soit une structure de co-contrôle visant à refléter l’engagement à long terme des deux groupes dans cette aventure commune.
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