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Philippe Donnet redessine le sommet de Generali / Giulio Terzariol gagne encore en pouvoirs
Giulio Terzariol n'en finit plus de monter en puissance chez Generali. Moins d'un an après l'avoir promu au rang de numéro deux, Philippe Donnet vient de lui confier de nouvelles responsabilités. Le conseil d'administration a approuvé mardi la suppression du poste de General Manager, occupé par Marco Sesana, qui quittera le groupe à la fin de l'année. Ses attributions seront transférées à Giulio Terzariol dès le 2 novembre. Il récupérera notamment la supervision de la gestion des investissements, des opérations, du marketing et de la sécurité du groupe. Une nouvelle redistribution des pouvoirs qui renforce la place de ce dernier au sommet du groupe, souvent cité comme un possible successeur de Philippe Donnet, aux commandes depuis dix ans.
Arrivé d'Allianz début 2024 pour prendre la tête des activités d'assurance, Giulio Terzariol avait été promu directeur général adjoint en novembre 2025, une nomination devenue effective en janvier 2026. Son périmètre s'élargira encore au 1er janvier 2027 : les marchés d'assurance seront regroupés en cinq zones placées sous sa responsabilité, de même que Redion, la plateforme qui réunit l'assistance et les assurances collectives. Il supervisera également Cécile Paillard, directrice de la transformation, dont le périmètre sera élargi au développement durable, puis aux opérations de fusion-acquisition dans l'assurance à partir de janvier 2027. Philippe Donnet conservera toutefois la supervision directe des finances et de Generali Investments Holding, le pôle de gestion d'actifs.
L'après-Donnet en filigrane
Une réorganisation qui intervient à un moment charnière pour Generali. Le plan « Lifetime Partner 27 » aborde sa dernière ligne droite et le groupe prépare déjà son prochain cycle stratégique, pour la période 2028-2030. Philippe Donnet, aux commandes depuis 2016, a obtenu en avril 2025 un quatrième mandat qui court jusqu’à l’assemblée de 2028. Aucune succession n’est toutefois officiellement engagée. « Le développement des dirigeants de demain constitue depuis longtemps l’une de nos priorités », souligne le patron de Generali, qui ajoute que cette approche « est au cœur de l’indépendance et de l’intégrité de Generali ».
Cette référence à l'indépendance prend un relief particulier dans le paysage bancaire italien en pleine recomposition. Mediobanca, désormais contrôlée par Monte dei Paschi di Siena (MPS), détient environ 13 % de Generali. Or, Intesa Sanpaolo, qui a annoncé une offre sur MPS, hériterait de cette participation en cas de succès. De son côté, MPS a lancé en août une offre d'échange sur Banca Generali, dont l'assureur détient 50,17 % et qu'il s'est dit prêt à examiner. Cette opération, qui vise notamment à contrer les ambitions d'Intesa, doit encore être soumise au vote des actionnaires de MPS le 29 octobre. La filiale bancaire figure néanmoins toujours dans le nouvel organigramme, sous la supervision de Giulio Terzariol. Un maintien qui ne préjuge toutefois pas de l'issue de cette offre.
Relève à la française
La réorganisation concerne également la France. Jean-Laurent Granier prendra la tête d'une vaste zone Europe de l'Ouest et Amérique latine, regroupant la France, l’Espagne, le Portugal, la Suisse, la Grèce et l’Amérique latine. À la direction de Generali France, Laetitia Léonard-Reuter lui succédera le 1er janvier 2027, sous réserve des approbations nécessaires. Arrivée d’AXA en 2018 comme directrice financière, elle occupe depuis 2024 les fonctions de directrice générale déléguée. Elle rejoindra également le comité de direction du groupe, tout comme Gregor Pilgram, chargé de l’Autriche et de l’Europe centrale, et Antoine Parisi, à la tête de Redion.
L’occasion de souligner que Philippe Donnet aborde cette redistribution des responsabilités fort d’un bilan boursier qui soutient largement la comparaison avec celui de ses grands concurrents européens. Le titre Generali a progressé de plus de 130 % en cinq ans, hors dividendes, contre près de 120 % pour Allianz et 80 % pour AXA. Sur un an, la hausse dépasse 30 %. L’assureur triestin reste toutefois le plus petit des trois en Bourse : il pèse près de 66 milliards d’euros, contre environ 90 milliards pour AXA et plus de 160 milliards pour Allianz.
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