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Banque Mondiale / croissance / pays en développement
La Banque mondiale alerte sur les perspectives économiques des pays en développement / Elles s’afficheraient au plus bas depuis 2000
"Pour les économies en développement, les 25 prochaines années seront plus difficiles que les précédentes". A l’heure de présenter les perspectives économiques de la Banque mondiale, Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président de l’institution de Washington, a affiché des propos inquiétants sur le devenir des pays en développement. Leur croissance, autour de 4 %, devrait être la plus faible enregistrée depuis 2000. En deçà des niveaux pré-COVID, elle ne sera pas suffisante pour permettre les progrès nécessaires à la réduction de la pauvreté et, plus largement, à la réalisation des objectifs de développement.
Dans son rapport, la Banque mondiale revient sur les performances réalisées par les économies en développement au cours du premier quart du XXIe siècle. Il en ressort que ces pays ont connu, au cours de la première décennie, des niveaux de croissance record depuis les années 1970, avant de voir leurs progrès se tasser à la suite de la crise financière mondiale de 2008-2009.
La Banque mondiale rapporte que l’intégration économique mondiale s’est essoufflée. Les flux d’investissements directs étrangers vers les économies en développement ont été réduits de moitié environ (en pourcentage du PIB) par rapport au début des années 2000. En 2024, les nouvelles restrictions commerciales mondiales étaient cinq fois supérieures à la moyenne de 2010-2019. "Ces facteurs ont entraîné une chute de la croissance économique globale, qui est passée de 5,9 % dans les années 2000 à 5,1 % dans les années 2010, avant de tomber à 3,5 % dans les années 2020", indique l’institution.
De sorte que depuis 2014, les taux de croissance moyens du revenu par habitant dans les économies en développement (à l’exception de la Chine et de l’Inde) sont inférieurs d’un demi-point de pourcentage à ceux des économies à revenu élevé, creusant d’autant le fossé entre pays riches et pays pauvres.
"La plupart des forces qui avaient autrefois contribué à leur essor ont disparu, pour laisser place à de puissants vents contraires : fardeau de la dette, croissance atone des investissements et de la productivité, impact et coût croissants du changement climatique… Dans les années à venir, les économies en développement auront besoin d’un nouveau modèle stratégique qui mette l’accent sur l’adoption de réformes visant à accélérer l’investissement privé, à approfondir les relations commerciales et à promouvoir une utilisation plus efficace des capitaux, des talents et de l’énergie", a prévenu Indermit Gill.
L’importance des pays en développement pour l’économie mondiale est plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était au début du siècle, puisqu’ils représentent actuellement environ 45 % du PIB mondial, contre 25 % en 2000. Leur interdépendance a également augmenté : plus de 40 % de leurs exportations de biens sont destinées à d’autres économies en développement, soit deux fois plus qu’en 2000. La Banque mondiale rapporte qu’une augmentation d’un point de pourcentage de la croissance du PIB dans les trois plus grandes économies en développement (Chine, Inde et Brésil) entraîne en général une augmentation cumulée du PIB de près de 2 % dans les autres économies en développement après trois ans.
Aussi, d’après Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, "un bon point de départ serait d’établir des partenariats stratégiques en matière de commerce et d’investissement avec les marchés en pleine expansion d’autres pays en développement".
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