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Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Voeux / Banque de France

Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / Voeux / Banque de France

François Villeroy de Galhau fait le vœu d’une neutralité monétaire d’ici l’été / Et rêve de bienséance budgétaire en France

A l’occasion de ses vœux organisés hier soir à la Banque de France, le grand argentier a fait valoir que le principal taux d’intérêt directeur de la BCE se devait d’être prochainement porté à un niveau n’entravant plus l’activité si l’inflation européenne se comportait comme escompté durant les mois à venir. Sous l’œil d’Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances, il a également évoqué la "maladie chronique" des finances publiques dont souffrirait notre pays.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Pour François Villeroy de Galhau, deux choses devront perdre en altitude cette année : les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) et le déficit public français. Voilà un des messages que le gouverneur de la Banque de France a souhaité faire passer au cours de la cérémonie de ses vœux qui se tenait hier soir au sein de la Galerie dorée de l’institut d’émission. "À 3 %, notre taux directeur est nettement inférieur à ceux de la Fed américaine (4,25 %-4,50 %) et de la Banque d’Angleterre (4,75 %). Mais il est encore significativement au-dessus du taux neutre, qui marque la frontière entre une politique restrictive et une politique accommodante", a déclaré François Villeroy de Galhau.

Pour mémoire, dépendant de plusieurs variables (entre autres la démographie, les inégalités, les gains de productivité, l’incertitude, la réglementation financière), ce taux n’est pas observable. "Il se situe en moyenne proche de 2 % en zone euro selon les estimations de la BCE", a rapporté le gouverneur. Tant et si bien que, "si le recul de l’inflation se confirme au cours des prochains trimestres comme nous le prévoyons, le bon sens est que nous allions sans ralentir le rythme vers ce taux neutre d’ici l’été prochain", a plaidé François Villeroy de Galhau.

D’après les anticipations des marchés, le principal taux d’intérêt directeur de l’institution de Francfort qu’est le taux d’intérêt de la facilité de dépôt devrait atteindre environ 2 % lors du second semestre de 2025. "Ceci favorisera le bon financement de l’économie, et le repli du taux d’épargne des ménages", a estimé le banquier central.

Le desserrement des conditions de financement sera aussi fonction du comportement des taux d’intérêt à long terme. Or, si la BCE exerce une influence sur ces derniers, elle ne les contrôle pas. "Ils sont fixés par les marchés internationaux et ne sont pas indépendants de notre politique budgétaire", a pointé François Villeroy de Galhau, sous le regard attentif d’Eric Lombard, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.

Évoquant la "maladie chronique" des finances publiques de l’Hexagone, le gouverneur de la Banque de France a indiqué que notre pays devait se donner deux objectifs. D’une part, "il faut revenir cette année à un déficit le plus proche possible de 5 % du PIB, et clairement inférieur à 5,5 %", a-t-il jugé. Le chiffre visé par le gouvernement, qui fait encore l’objet de discussions, sera connu mardi prochain, à l’occasion du discours de politique générale du Premier ministre François Bayrou. En 2024, le déficit de l’ensemble des administrations publiques devrait s’établir à 6,1 % du PIB.

D’autre part, "il faut aussi fixer un cap de moyen terme, celui de 3 % de déficit en 2029", a estimé François Villeroy de Galhau. Dans le plan structurel et budgétaire à moyen terme (PSMT), document qui retrace la trajectoire budgétaire que le précédent exécutif s’est engagé à respecter auprès de l’Union européenne, il est inscrit que le déficit devrait s’afficher à 2,8 % du PIB en 2029. Le gouvernement du Premier ministre Michel Barnier prévoyait de réaliser plus d’un tiers de l’ajustement (en termes d’effort structurel primaire) d’ici à 2029 sur la seule année 2025.

"La première étape pourra comporter pour partie certaines hausses d’impôts ciblées ; mais la seconde devra reposer essentiellement sur des dépenses mieux maîtrisées et plus efficaces, de l’État, mais aussi des collectivités locales et des administrations sociales qui représentent ensemble 64 % des dépenses totales", a jugé François Villeroy de Galhau. "Partout, la France dépense plus que ses voisins, de plus de 9 % du PIB au total", a-t-il ajouté.

En 2022, les deux tiers du différentiel du taux de dépenses publiques de la France avec la moyenne de l’Union européenne provenaient de la protection sociale, en grande partie à cause des retraites (2,5 points de PIB sur 8,7 points d’écart) et de la santé (1,7 point), montrent des travaux de Fipeco.

"Cet effort d’économies justes gagnera à être dès maintenant préparé, documenté, partagé. Je crois, Monsieur le ministre, que telles sont bien vos intentions, dans le dialogue ; et tel est l’intérêt national, qui doit transcender les intérêts particuliers ou partisans", a souligné le gouverneur.

En plus du nouveau locataire de Bercy, de nombreuses personnalités du monde économique et financier étaient présentes à l’hôtel de Toulouse, dont, notamment, Patrick Martin, président du Medef, Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Olivier Sichel, directeur général par intérim de la Caisse des Dépôts, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault, Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale, des membres de l’état-major de Crédit Agricole S.A. (Philippe Brassac, directeur général, son futur successeur Olivier Gavalda, directeur général délégué, Jérôme Grivet, directeur général délégué), Thierry Derez, directeur général de Covéa, Denis Ferrand, directeur général de Rexecode ou encore Anthony Requin, président du directoire du Fonds de garantie des dépôts et de résolution.

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