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France; Chine; États-Unis

Macro-économie / Taux / Brexit / Royaume-Uni / Union européenne / Exportations / importations

Macro-économie / Taux
Brexit / Royaume-Uni / Union européenne / Exportations / importations

Des liens entre le Royaume-Uni et l’Europe qui se distendent depuis le Brexit / Des économies qui dépendent de moins en moins les unes des autres

Les longues années de négociations pour la mise en œuvre du Brexit ne l’auront pas empêché : le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) se tournent de plus en plus vers le reste du monde plutôt que vers leur ancien partenaire de premier plan. Les douanes françaises avancent que la part des importations du Royaume-Uni provenant de l’UE ne serait plus que de 40 % contre 52 % avant le Brexit. De l'autre côté de la Manche on échange désormais davantage vers la Chine ou les États-Unis tant pour des raisons structurelles que conjoncturelles.
L'Europe et le Royaume-Uni ont beau avoir trouvé un accord pour le Brexit ce n'est pas pour autant que les échanges commerciaux sont au beau fixe. Photo by Dan Kitwood / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
L'Europe et le Royaume-Uni ont beau avoir trouvé un accord pour le Brexit ce n'est pas pour autant que les échanges commerciaux sont au beau fixe. Photo by Dan Kitwood / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

" Il nous faut préparer la relation future. Nous devons bâtir avec le Royaume-Uni notre relation de demain". Ce souhait d’Emmanuel Macron, président de la République, alors que les Britanniques venaient de faire le choix de sortir de l’Union européenne (Brexit) semble en partie être resté lettre morte. C’est ce qui transparaît dans la récente étude qu’y consacrent les douanes, dans laquelle il est fait état que " les échanges extérieurs ont perdu en intensité entre le Royaume-Uni d’une part et l’Union européenne (UE) d’autre part. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni est davantage tourné vers le reste du monde".

 

Double peine

 

De l’autre côté de la Manche on a vu les importations provenant de Chine passer de 9 % à 13 % du total et de 9 % à 12 % en ce qui concerne les États-Unis. Une véritable substitution semble s’être opérée sur les équipements de télécommunication et le matériel informatique. Ces biens sont aujourd’hui importés de façon plus importante depuis la Chine, au détriment d’une Union européenne qui a perdu des parts de marché. La place de l’Allemagne est un symbole d’une relation privilégiée qui s’est étiolée avec le temps, le pays est en effet passé d’une place de premier fournisseur du Royaume-Uni en 2018, pesant alors 14 % des importations, pour ne plus occuper que la 3e marche du podium l’an passé.

Les auteurs de l’étude statuent que " le Royaume-Uni semble donc avoir en partie réorienté ses échanges commerciaux vers des pays extérieurs à l’UE", arguant à nouveau que les importations du Royaume-Uni originaires de l’UE ont baissé de 10 % entre 2018 et 2023. Ils sont plus mesurés sur la hausse des échanges britanniques avec les États-Unis, expliquant que "leur part accrue est principalement une conséquence de la crise énergétique avec un surcroît d’importations d’hydrocarbures par le Royaume-Uni ". Il n’en reste pas moins que du côté de Londres on a cherché ces dernières années à mettre en place des accords commerciaux avec d’autres partenaires.



Le cas hexagonal

 

La France occupe une place de choix dans la relation du Royaume-Uni avec le continent, étant donné qu’elle constitue une porte d’entrée naturelle pour les flux commerciaux entre les deux zones économiques. Il s’avère que notre pays se distingue au sein de l’UE en étant un des rares pays à voir la part du Royaume-Uni dans ses importations rester stable, à hauteur de 3,7 % entre 2018 et 2023.

Pas de triomphalisme cependant chez les douanes où on explique que "cette exception est une conséquence plus directe du Brexit et met en évidence le rôle joué par la France comme zone de quasi-transit de flux originaires du Royaume-Uni à destination d’autres États membres". Il est en effet argué que la réintroduction des formalités et autres contrôles aux frontières ont en " effet fait apparaître ces flux dans les données douanières. Cette pratique s’avère particulièrement importante pour des produits tels que les biens agricoles et agroalimentaires qui font l’objet de contrôles sanitaires et phytosanitaires". Le chiffre d’un dédouanement en France de près d’un tiers des importations de l’UE provenant du Royaume-Uni est avancé par les douanes françaises. Un volume conséquent dont près d’un tiers est réexporté en direction d’autres États membres.

Une explication également à une partie de la détérioration du solde commercial de la France avec le Royaume-Uni, ce dernier bien que toujours excédentaire, "s’est dégradée de 2,5 milliards d’euros depuis 2018 pour atteindre 9,6 milliards d’euros en 2023, avec 35,9 milliards d’euros d’exportations et 26,3 milliards d’euros d’importations".

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