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France : une feuille de route énergétique à renforcer pour atteindre la neutralité carbone en 2050 / Un manque d’ambition pointé sur la baisse de la consommation d’énergie
La France doit redoubler d’effort pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour structurer cette démarche, l’Hexagone s’appuie sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), récemment actualisée dans sa troisième version (PPE3) (elle fixe les priorités pour les périodes 2025-2030 et 2031-2035), que l’Autorité environnementale (AE) a récemment examinée.
Dans un avis, l’instance indépendante pointe la nécessité de renforcer les ambitions de la PPE3 pour être en phase avec les objectifs européens du plan "Fit for 55". Pour mémoire, il s’agit du plan adopté par les Vingt-Sept pays de l’UE en 2021 visant à réduire de 55 % les d’émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne (UE) d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Pour ce faire, il est prévu que la consommation énergétique finale recule sensiblement.
L’AE recommande notamment une réduction supplémentaire de 12 % de la consommation énergétique finale d’ici 2030. “Pour la consommation d’énergie finale à usage énergétique, l’ambition est de passer de 1 545 TWh en 2022 à 1060 TWh en 2050 avec deux jalons en 2030 et 2035. Le jalon indiqué pour 2030 n’est pas suffisant pour respecter la nouvelle directive relative à l’efficacité énergétique dans le cadre du paquet "Fit for 55"12 qui suppose de parvenir à 1 243 TWh en 2030”, peut-on lire dans l’avis.
En outre, l’AE plaide pour un suivi amélioré de l’efficacité du système énergétique, en explicitant les arbitrages entre sources d’énergie primaire, un renforcement des objectifs de recyclage des métaux et terres rares, cruciaux pour les technologies énergétiques, une meilleure hiérarchisation des usages de la biomasse, en cohérence avec l’agenda 2030, des mesures renforcées dans le secteur de la mobilité pour améliorer la qualité de l’air et réduire les impacts sanitaires ou encore une ambition accrue dans le domaine du numérique, secteur énergivore en pleine expansion.
L’AE rappelle que la nouvelle PPE intervient dans un contexte d’atteinte de l’essentiel des objectifs de la précédente PPE (PPE2, 2019- 2023 et 2024-2028) en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), sauf pour le secteur des transports, "mais marqué également par une dégradation des puits naturels de carbone (sécheresses, incendies de forêt, changement d’affectation des terres…) et la non-atteinte des cibles en matière de réduction de la consommation énergétique".
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