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Evenements / gouvernement / François Bayrou / Eric Lombard / Caisses des Dépôts / Bercy

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Eric Lombard propulsé ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique / Un grand financier qui veut porter ses convictions à Bercy

Si la devise de la Caisse des Dépôts est « foi publique », signifiant qu’elle doit inspirer la confiance en tant que garante d’une partie de l’épargne des Français, le profil de son ancien directeur général, et nouveau ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a de quoi aussi rassurer en ces temps politiques difficiles. A travers cette nomination, François Bayrou et Emmanuel Macron placent un homme, à la fibre sociale, aussi proche des collectivités territoriales que des entreprises et un excellent gestionnaire des fonds publics.
Eric Lombard (JULIEN DE ROSA-AFP)
Eric Lombard (JULIEN DE ROSA-AFP)

C’est un grand serviteur de l’Etat qui a fait ce lundi soir son entrée à Bercy, et pour la première fois dans un gouvernement. Eric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts depuis 2017, n’a certes pas été nommé ministre d’Etat comme d’autres membres de l’exécutif (et ce malgré la lourde tâche qui lui revient) mais il hérite d’un grand ministère.

 

A la tête d’un grand Bercy

 

Son titre : ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Autant dire que le portefeuille de ses responsabilités sera large. Pour l’aider dans sa mission, il sera soutenu par Amélie de Montchalin (qui signe ainsi son retour au gouvernement), nouvelle ministre chargée des Comptes publics, Marc Ferracci, ministre chargé de l’Industrie et de l’Energie, Véronique Louwagie, la Whip de Laurent Wauquiez à la Commission des finances de l’Assemblée nationale qui devient ministre déléguée chargée du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Economie sociale et solidaire. Enfin, Clara Chappaz conserve son poste de ministre chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, tandis que Nathalie Delattre, passe des relations avec le Parlement au tourisme. "Je sais la difficulté de la tâche. […] Bercy est au cœur de l’Etat, donc au cœur de la République et au cœur de la démocratie. […] C’est d’abord le ministère de la finance utile et c’est un formidable levier au service de nos priorités. La situation politique est difficile, la situation internationale est dangereuse, et la conjoncture économique est fragile. C’est précisément pour ces raisons que je suis prêt à relever le défi, à m’engager encore plus au service des Français ", s’est exprimé Eric Lombard ce lundi soir lors de sa passation de pouvoir avec Antoine Armand.

 

Une vraie expérience dans le privé

 

Une maison et une administration qu’il connaît bien. D’abord par son parcours professionnel : né le 16 mai 1958, cet HEC a débuté sa carrière par différentes fonctions au département du commerce international et à la gestion financière chez BNP Paribas.

Sa première expérience en politique aura lieu en 1989, date à laquelle il devient conseiller technique au cabinet du porte-parole du gouvernement, Louis Le Pensec (gouvernement Rocard 2). Deux ans plus tard, il rejoindra Michel Sapin, alors ministre délégué à la justice, comme conseiller, et qu’il suivra ensuite à Bercy lorsque ce dernier sera nommé pour la première fois ministre de l’Economie et des Finances.

Avec la cohabitation et la nomination d’Edouard Balladur à Matignon, Eric Lombard deviendra banquier d’affaires en signant son retour chez BNP Paribas, où il sera successivement responsable fusions & acquisitions dans le secteur banque et assurance, avant d’être promu responsable du Financial institution group en 1999. Un poste qui le fera entrer au comité de direction générale de la banque de financement et d’investissement.

En 2004, il prendra les rênes de BNP Paribas Cardif en tant que directeur général, puis comme président-directeur général jusqu’en 2013. Eric Lombard fut également aux commandes de Generali France entre 2013 et 2017.

 

La "Caisse", une maison qui fut très bien gérée

 

Nommé par le président de la République, Emmanuel Macron, à la tête de la Caisse des Dépôts en 2017 – le premier à ne pas être haut fonctionnaire à ce poste- Eric Lombard a ainsi dirigé le bras armé de l’Etat qui est non seulement l’un des plus importants gestionnaires d’actifs français (288 milliards d’euros d’actifs sous gestion en 2023 avec des plus-values latentes à un niveau historique). L’on notera d’ailleurs que depuis son arrivée au sein de la prestigieuse maison de la Rue de Lille, les fonds propres agrégés du groupe auront progressé de 42 % pour atteindre 52,5 milliards d’euros au titre de la section générale.

Mais la "Caisse" est aussi l’un des plus gros contributeurs au budget de la France. L’année dernière, ce sont encore 2,5 milliards d’euros qui ont ainsi été versés à l’Etat, soit autant que l’ensemble des dix participations cotées figurant dans le périmètre de l’Agence des Participations de l’Etat. Le résultat d’une bonne gouvernance inspirée du secteur privé. "Ces valeurs et ces méthodes je les ai fait vivre durant 7 années à la Caisse des Dépôts, une des plus belles institutions de la République que je quitte avec un peu de regret, je l’avoue ", a reconnu le nouveau ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, hier soir à Bercy.

 

Des investissements utiles

 

Il faut dire que sous son impulsion, la Caisse des Dépôts se sera aussi muée en un véritable partenaire économique et social du pays. Elle fut sur tous les fronts : urgence sociale (CDC Habitat), création de la Banque des Territoires en 2018 (dirigée par Olivier Sichel son numéro deux) et du grand pôle financier public issu du rapprochement avec le groupe La Poste (La Banque Postale, CNP Assurances, SFIL), financement de l’économie, de l’innovation et la réindustrialisation, à travers sa filiale Bpifrance pilotée par Nicolas Dufourcq.

L’on se souviendra que c’est aussi la "Caisse" qui a mené, l’année dernière, le sauvetage de l’ex-Orpea (devenu emeis), avec ses alliés (six grandes banques françaises telles que BNP Paribas et Crédit Agricole).

Ces derniers mois, elle a encore œuvré en faveur de la transition énergétique, en dévoilant une nouvelle feuille de 100 milliards d’euros sur cinq ans afin de financer la transformation énergétique du pays, et en premier lieu des secteurs du logement, des transports et des énergies. "L’investissement écologique est le meilleur investissement qui soit car il sauve en même temps la planète, ses habitants et son économie ", a expliqué, ce lundi soir, Eric Lombard, assurant vouloir porter ses convictions à Bercy.

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