Macro-économie / Taux / OFCE / PLF / gouvernement
Macro-économie / Taux
OFCE / PLF / gouvernement
L’OFCE avertit que l’économie française va continuer à souffrir de l’incertitude politique / Ses prévisions pour l’année 2026 sont moins optimistes que celles du gouvernement
Une croissance largement amputée. Le constat posé par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) est limpide : le PIB français ne progresse pas autant qu’attendu et ce en raison des différents chocs que subit l’économie tricolore. Le solde de ces derniers conduirait à passer d’une croissance spontanée de près de 1,4 % en 2024 et 2025 à un chiffre de 0,7 % et ce en raison de contributions négatives dépassant largement les positives.
Le chiffrage du coût de l’incertitude nationale est parlant ; les équipes de l’OFCE estimant qu’elle "amputerait la croissance de -0,4 point de PIB en 2025 (après -0,1 point en 2024) et de -0,3 point en 2026". L’adoption d’un budget ne présume en rien de la baisse de l’indice d’incertitude politique, expliquent les économistes dans leurs prévisions pour l’économie française. Une mauvaise nouvelle puisqu’il faut ajouter les incertitudes internationales et des tensions géopolitiques apparues depuis l’élection de Donald Trump et "dont les effets négatifs attendus sur la croissance française représenteraient -0,2 point de PIB en 2025" avant d’avoir un effet neutre sur la croissance l’an prochain.
Néfaste
En ce qui concerne la consolidation budgétaire, l’OFCE rejoint largement les conclusions du Haut conseil des finances publiques sur l’impact négatif en termes de croissance. Ce dernier est estimé à -0,4 point de PIB en 2025 et -0,8 point en 2026, une projection qui est faite en supposant que "la loi de finances sera votée pour 2026, même si le budget n’est pas adopté avant la fin de l’année, mais en début d’année prochaine (et donc qu’une loi spéciale pourrait servir uniquement de transition mais ne couvrirait pas l’ensemble de l’année)".
Une hypothèse loin d’être négligeable étant donné que l’institution explique que si pour l’heure elle chiffre le déficit à 5,0 % du PIB pour 2025, celui-ci pourrait atteindre "5,1 % du PIB dans le cas d’une consolidation budgétaire plus modérée mais respectant les règles européennes et 5,5 % dans le cas plus théorique d’une loi spéciale".
Pas de miracle à attendre non plus du taux d’épargne, dont la baisse doit largement nourrir le sursaut de la consommation des ménages dans les projections du gouvernement. Les prévisions de l’OFCE expliquent certes que "le taux d’épargne commencerait à baisser à partir du second semestre 2025, sous l’effet du fort repli de l’inflation, de la baisse des taux d’intérêt et d’une faible croissance des revenus du patrimoine qui sont plus souvent épargnés". Pour autant, ce propos est tout de suite nuancé, étant donné que "la réduction prévue du taux d’épargne est cependant plus modérée que ce qu’indique notre équation, en raison d’effets liés à l’incertitude. Il s’établirait fin 2026 à 18 % du RDB, encore 0,6 point au-dessus de ce que prévoit l’équation". Les experts n’attendent pas le retour de l’investissement des entreprises prévu par le gouvernement. Au contraire, ils expliquent que "l’investissement des entreprises continuerait à s’ajuster, dans un environnement particulièrement incertain et d’une demande atone, et renouerait avec une croissance positive seulement en fin d’année".
Moteurs
Pour voir quelques lueurs d’espoir, il faut se pencher sur l’investissement des ménages, lequel repart à la hausse, soutenu d’une part par la baisse des taux entamée l’an passé et de l’autre par les nouveaux crédits à l’habitat. Les effets délétères de la politique budgétaire sont effectivement quelque peu contrebalancés par un soutien jugé "significatif" émanant de la politique monétaire et de l’évolution des taux. Les équipes de l’OFCE expliquant que la "baisse de plus de 2 points en un an des taux directeurs de la BCE améliore le refinancement de l’économie, visible à travers la baisse des taux des nouveaux crédits bancaires pratiqués aux ménages ou aux entreprises ".
En tenant compte de l’évolution passée et anticipée des taux courts et longs, il est rapporté "un impact positif mais modéré sur la croissance, estimé à + 0,3 % cette année. Il serait plus élevé en 2026, à + 0,6 point de PIB en raison des effets de diffusion relativement longs de la politique monétaire sur l’activité". Les experts de l’Observatoire ne sombraient donc pas dans le pessimisme ce matin allant même jusqu’à évoquer " une situation où, au fond, on est un peu surpris par la résilience" de l’Hexagone et d’évoquer la forte capacité financière des ménages comme un facteur positif.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

