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Restructuration financière bouclée pour Atos / Les agences de notation prudentes face aux défis à venir

En six semaines, Atos a mené à bien sa lourde restructuration financière, réduisant son endettement de 2,1 milliards d'euros et levant 1,6 milliard d'euros de nouveaux financements. Si les agences de notation saluent ces avancées, elles mettent en garde contre les défis opérationnels à venir.
Atos a mené a bien sa restructuration financière - Photo by Ludovic MARIN / AFP
Atos a mené a bien sa restructuration financière - Photo by Ludovic MARIN / AFP

Menée tambour battant, la restructuration financière d’Atos a respecté le calendrier serré qui lui était imposé. Six semaines après avoir été enclenché, le processus de remise à flot financière du groupe informatique est désormais achevé, l’ensemble des opérations prévues dans le plan de sauvegarde accéléré ayant été mises en œuvre.

Le succès (relatif) de l’augmentation de capital de 233 millions d’euros pour laquelle les anciens actionnaires bénéficiaient d’un droit préférentiel de souscription (DPS), n’était qu’une première étape, qui a eu le mérite d’apporter les seuls fonds propres (pour 145 millions d’euros) de cette restructuration financière.

Le coeur du renflouement de l’entreprise reposait ensuite principalement sur trois autres augmentations de capital, réservées cette fois-ci exclusivement aux créanciers, qui ont permis de convertir environ 2,9 milliards d’euros de dettes financières existante en capital.

Ce faisant, la dette brute d’Atos a été réduite de 2,1 milliards d’euros par rapport aux 5,7 milliards d’euros affichés avant la restructuration financière. Et tandis que le reliquat des dettes financières non converties en actions a été réinstallé sous la forme de nouvelles dettes pour un montant total de 1,95 milliard d’euros, en parallèle, le groupe a obtenu de nouveaux financements (new money debt) pour un montant total de 1,6 milliard d’euros, de maturité 2029, qui lui ont permis de rembourser les 800 millions d’euros financements intérimaires qui lui avaient été précédemment accordés.

 

Entre 179 et 201 milliards d'actions

 

Ainsi, en l’absence d’échéance de remboursement de la dette avant la fin de l’année 2029, Atos estime désormais disposer "des ressources et de la flexibilité nécessaires pour mettre en oeuvre sa stratégie à moyen terme". En conséquence de quoi, "la finalisation de notre plan de restructuration financière assure la pérennité des activités d’Atos dans le meilleur intérêt de nos parties prenantes", a souligné Philippe Salle, le président du conseil d’administration d’Atos, qui récupérera également bientôt la direction générale de l’entreprise lors de l’assemblée générale du groupe prévue le 31 janvier prochain.

A noter, comme prévu, que cette recapitalisation a profondément modifié le contrôle de l’entreprise donc les créanciers détiennent désormais 89,6 % du capital, les membres du conseil d’administration 1,4 %, tandis que le flottant a été réduit à seulement 9%. Les anciens actionnaires ont été massivement dilués, avec désormais 179 milliards de titres Atos en circulation, contre 111 millions à l'origine. Un chiffre qui pourrait encore grimper à 201 milliards si les bons de souscription d'actions (BSA), attribués à certains créanciers dans le cadre des nouveaux financements, sont convertis.

 

"Deux à trois années difficiles"

 

Que pensent les agences de notation de la nouvelle structure financière de l’entreprise ? On note d’abord qu’elles ont immédiatement pris acte de la nouvelle situation. S&P Global Ratings a relevé sa note de crédit attribuée à l'entreprise de "SD" - pour "défaut sélectif", soit l’une des notes financières les plus mauvaises qui soient -, à "B-". Fitch a assigné une note de crédit "B-" à Atos. Dans les deux cas, les commentaires soulignent tout à la fois les importants progrès réalisés et les défis à relever.

Pour S&P Global Ratings, "les récents de restructuration d'Atos ont permis de réduire considérablement le fardeau de sa dette, ce qui devrait conduire à une amélioration progressive des indicateurs d'endettement", avec un ratio de levier qui pourrait se situer autour de 5 fois en 2026, pour tomber à 4 fois en 2027, selon ses estimations.

Aux yeux de l’agence, le groupe dispose par ailleurs "de liquidités suffisantes, notamment d'un solde de trésorerie sain de 1,15 milliard d'euros, d'une disponibilité totale au titre de la nouvelle facilité de crédit renouvelable (RCF) de 440 millions d'euros et du produit attendu de la vente convenue de Worldgrid pour financer la restructuration en cours et résister à des sorties de trésorerie opérationnelles temporaires".

Néanmoins, "la société affichera un endettement très élevé et des sorties de trésorerie disponibles importantes au cours des 12 prochains mois, entravées par une nouvelle série d'efforts de restructuration opérationnelle qui entraîneront des coûts exceptionnels importants", prévient S&P Global Ratings.

Même prudence sur le court terme du côté de Fitch Ratings, qui s'attend à "deux à trois années difficiles" avant qu'Atos n'atteigne ses objectifs stratégiques et opérationnels. Il faudra attendre 2027 pour que le free cash-flow redeviennent positif, "une fois que les coûts de restructuration totalisant 1,2 milliard d'euros pour 2024-2025 et les dépenses d'investissement auront diminué", note l'agence.

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