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Lactalis se pose en fervent défenseur de la filière laitière française / Un groupe engagé de longue date dans la marche en avant de la formation du prix payé aux producteurs
"Je ne peux pas entendre dire que l’on tourne le dos aux producteurs de lait français parce que ce n’est pas vrai", a martelé Jean-Marc Bernier, directeur général de Lactalis France, ce mardi après-midi à l’occasion de son audition par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Alors que souffle un vent de colère chez les agriculteurs laitiers depuis que le numéro un mondial du lait a annoncé, le 25 septembre dernier, son intention de réduire sa collecte annuelle de près de 450 millions de litres de lait (soit 9 %) d’ici 2030, le groupe mayennais se pose en fervent défenseur de la filière française. "Lactalis est une véritable chance pour (elle). Notre capacité à exporter le lait français, à vendre nos produits dans 200 pays dans le monde et à gérer l’excédent laitier est un message d’attractivité fort à la filière française que nous défendons tous les jours et ce, malgré les difficultés. Nous n’avons pas l’intention de laisser un agriculteur sur le bord de la route et nous sommes convaincus que nous trouverons des solutions pour tous", a-t-il certifié, précisant qu’à date aucune lettre de résiliation n’avait été envoyée.
Réduire pour mieux valoriser
Pour Jean-Marc Bernier, la décision prise en septembre dernier fut difficile. "Nous collectons 5,2 milliards de litres de lait sur le territoire auprès de 10 000 producteurs. Nous avons parfaitement conscience des conséquences d’une telle décision ", a-t-il déclaré, assurant néanmoins que celle-ci avait été partagée avec les producteurs de lait du groupe. "Elle intervient dans un contexte où le marché des produits laitiers baisse structurellement en France, pour une collecte qui augmente. Nous sommes dans une situation où nous avons beaucoup d’excédents laitiers à gérer, nous sommes d’ailleurs l’intervenant le plus important dans ce domaine et nous le resterons", a rappelé Jean-Marc Bernier, détaillant : "Sur notre production de 5 milliards de litres de lait en France, la moitié sert à la vente de produits de grande consommation, 20 % à l’export sous forme de produits finis. Mais 30 % n’ont pas de débouché. Nous la transformons donc en poudre, ce qui nécessite des investissements très lourds et très énergivores. Or, cette poudre est soumise à des cotations internationales, elles-mêmes très déprimées depuis de nombreuses années (évolution du cours à 2 500 euros la tonne en moyenne). Nous sommes plus fortement soumis à ces cotations que nos concurrents, comme Sodiaal qui assure 15 % de la collecte. En conséquence, pour mieux valoriser le lait en France, il nous faut donc réduire notre exposition aux poudres laitières, tout en prenant l’engagement de trouver des solutions pour l’ensemble des producteurs de lait concernés ", a expliqué le directeur général de l’entreprise en France.
Exemplaire sur Egalim
Une valorisation de la filière française prônée par Lactalis, qui se traduit, selon lui, dans les chiffres : "entre 2020 et 2024, le prix du lait payé aux agriculteurs a augmenté de 31 %, soit de façon supérieure à la hausse des coûts de production sur la période (le prix du lait représente 70 % des coûts de production en moyenne pour Lactalis). Et en 2025, il devrait augmenter d’environ 20 et 30 euros en moyenne par rapport à cette année. Cela signifie une amélioration des revenus de la filière. Le revenu courant des agriculteurs laitiers a d’ailleurs quasiment doublé sur les deux dernières années ", a souligné Jean-Marc Bernier.
Des conditions de vie des agriculteurs améliorées que Lactalis explique aussi par son respect de la réglementation Egalim. "Lactalis a été la première entreprise à intégrer en 2019 les coûts de production dans sa formule de prix avec les organisations de producteurs. Nous sommes toujours allés en négociations avec nos clients avec un contrat clair de prix payé aux producteurs, et ce tous les ans depuis 4 ans. Le dernier en date fait état d’une hausse de 10 euros cette année. Nous sommes donc parfaitement dans la marche en avant de la formation prix voulue par la loi Egalim", a soutenu le directeur général de Lactalis France.
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