Macro-économie / Taux
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L'année 2025 vue par... Olivier Raingeard /
Directeur de la stratégie d’investissement de Neuflize OBC
Quel est votre scénario de croissance en Europe et en France pour 2025 ? De quelle manière les risques géopolitiques (Ukraine, Moyen-Orient, nouvelle administration Trump, élections fédérales allemandes) sont-ils susceptibles d’affecter vos prévisions ?
Pour 2025, nous envisageons une croissance mondiale proche de son potentiel, soutenue par un assouplissement des conditions monétaires. L’économie américaine devrait progresser de l’ordre de 2%, en léger ralentissement par rapport à 2024 ; l’économie européenne devrait très légèrement accélérer à 1.2%.
L’incertitude politique, élevée aujourd’hui, pourrait connaître des évolutions disparates en 2025. Du côté positif, une trêve pourrait être conclue entre l’Ukraine et la Russie, sous la pression des Etats-Unis et les élections allemandes pourraient aboutir à l’émergence d’un nouveau leadership, davantage concentré sur les enjeux de croissance économique. Du côté négatif, Trump devrait relancer la guerre commerciale avec la mise en place de nouveaux droits de douane. Enfin, la situation au Proche et Moyen Orient reste instable.
Faut-il s'attendre à une divergence marquée entre les politiques monétaires menées par la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ?
Les Banques centrales européenne et américaine baisseront leur taux en 2025. Néanmoins, l’atterrissage final sera très différent. Nous anticipons un taux directeur américain de 3.50% et un taux de dépôt européen de 1.25% d’ici à la fin de l’année 2025.
L’année 2024 a été celle des rapports Draghi, Noyer, Letta et du constat du décrochage de l’Europe. Quelles sont les mesures d’urgence à prendre au niveau européen pour renverser la vapeur et sortir le Vieux continent de la tenaille USA-Chine ?
Le rapport Draghi met en exergue trois difficultés de l’Union européenne : d’abord, une perte de compétitivité par rapport au reste du monde, en partie expliquée par un niveau de productivité insuffisant ; ensuite, des prix de l’énergie relativement élevés, en particulier par rapport aux Etats-Unis ; enfin, l’Union européenne doit renforcer sa sécurité et sa résilience. Le rapport apporte de nombreuses solutions. Nous en citerons deux qui nous semblent clés pour l’économie européenne : d’une part, la nécessité d’investir bien davantage pour soutenir l’innovation et la productivité ; d’autre part, le besoin impératif d’achever l’Union des marchés de capitaux afin de faciliter le financement des entreprises européennes.
Engluée dans une crise immobilière, l'économie chinoise est enferrée dans les difficultés depuis de nombreux trimestres, estimez-vous que le récent déploiement d’un nouvel ensemble de mesures budgétaires, monétaires et réglementaires sera de nature à les terrasser ?
Les mesures mises en place par les autorités chinoises sont principalement destinées à contenir les pressions déflationnistes croissantes ; elles devraient y parvenir. Pour autant, l’économie chinoise reste déséquilibrée avec des fragilités macro-financières importantes. D’une part, le poids de l’investissement dans le PIB (proche de 40%) est trop important et celui de la consommation trop faible par rapport aux économies occidentales. D’autre part, le poids de l’endettement et en particulier celui des entreprises (plus de 200% du PIB) est très conséquent ; une partie doit probablement être restructurée. Par conséquent, l’économie chinoise devrait ralentir davantage au cours de ces prochaines années.
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