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Le patron de Gemalto cède le flambeau
Il y a ceux qui n’arrivent pas à quitter l’entreprise qu’ils ont dirigée de longues années durant et puis il a ceux qui, comme Guillaume Poitrinal, l’ex-patron d’Unibail-Rodamco, décident de partir à l’âge de 40 ans de la tête d’une société du CAC 40. C’est ce que vient aussi de décider Olivier Piou qui, à l’âge de 57 ans vient de prendre la décision de quitter la présidence de Gemalto, ne conservant que des responsabilités non exécutives. Dans le communiqué publié ce matin, il dit vouloir se consacrer aux sciences et aux voyages. Après 18 ans passés à la tête du groupe de cartes à puces, celui qui a participé aux développements de l’entreprise, mais qui aussi subi une panne de croissance ces dernières années, semble surtout vouloir placer la société en situation de prendre les virages qui s’imposent avec une nouvelle personnalité aux manettes.
Celui qui lui succède connaît bien la société puisque c’est son directeur général adjoint, Philippe Vallée, entré chez Gemalto il y a 24 ans et âgé de 51 ans. La nouvelle n’a pourtant pas vraiment plu aux investisseurs puisque l’action reflue de plus de 4% aujourd’hui. La preuve que le marché avait quand même confiance dans le management d’Olivier Piou, même si la Bourse n’a pas toujours été tendre avec le groupe ces dernières années, la dégringolade du cours de l’action l’ayant même obligé à sortir du CAC 40 qu’il avait intégré au faîte de sa gloire.
Les défis que va devoir relever le nouvel homme fort de Gemalto ne manquent certes pas, à l’aune d’une révolution dans le domaine digital et dans les attentes des clients. Surtout, le groupe va devoir réussir ses nouvelles acquisitions dans un contexte concurrentiel de plus en plus compliqué.
Si la Bourse semble accuser le coup, c’est aussi et surtout parce qu’elle ne s’attendait pas à cette annonce. Les dernières publications financières de l’entreprise ont été très positives avec une activité et des résultats 2015 en forte hausse, en phase avec les attentes des analystes. Les entreprises du secteur de Gemalto sont surtout en butte actuellement avec de graves problèmes de cybercriminalité ayant déjà touché de très grands groupes (l’américain Target a vu les cartes de plusieurs milliers de ses clients piratées, l’an passé). Philippe Vallée devra donc aussi démontrer comment la société s’organise pour endiguer ces problèmes susceptibles de coûter très cher à tout le monde. La passation des pouvoirs est prévue pour le mois d’août prochain.
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