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Hermès reste en lévitation / Ses capacités de production augmentent progressivement en parallèle
Il est difficile de feindre la surprise à la lecture des dernières ventes trimestrielles de la maison Hermès. A la fois parce qu’il est rare que celle-ci ne dépasse pas les anticipations, et parce que le doute qu’il pouvait éventuellement y avoir sur la reprise du marché chinois du luxe venait d’être éventé par le numéro un mondial LVMH.
Le groupe, dont la création remonte à 1837, toujours contrôlé par la famille Hermès, a réalisé au premier trimestre 2023 un chiffre d’affaires de 3,38 milliards d’euros. La hausse par rapport à la même période un an plus tôt atteint 22,3 % à données publiées, et même 23 % à taux de change constants, soit une croissance organique des ventes qui "a largement dépassé le consensus", constate la banque UBS, alors que les analystes interrogés par Bloomberg anticipaient en moyenne une croissance organique de 16 %. Le groupe poursuit ainsi sur sa lancée de son année record 2022, au cours de laquelle ses ventes avaient également progressé de 23 % à taux de change constants, s’élevant à 11,6 milliards d’euros.
L’Amérique fait mieux que résister
La division de maroquinerie-sellerie, la plus importante, a en particulier généré des ventes de 1,4 milliard d’euros sur le trimestre écoulé, en hausse de 18 %. La progression s’élève à 19 % à taux de change constants. Une tendance soutenue par l’augmentation des capacités de production, celles-ci demeurant structurellement inférieures à la demande, une caractéristique propre à Hermès. Le groupe a ainsi inauguré début avril une nouvelle maroquinerie à Louviers, dans l’Eure, début avril, et un nouveau site ouvrira en mai à la Sormonne, dans les Ardennes, en mai. D’autres projets de maroquineries à Riom (Puy-de-Dôme), L’Isle-d’Espagnac (Charente) et Loupes (Gironde), viendront également renforcer le dispositif de production.
"Toutes les régions et divisions de produits ont surpassé les attentes de manière significative", souligne pour sa part le courtier Stifel. Non seulement la croissance organique de 23 % enregistrée en Asie hors Japon, portée par un très bon nouvel an chinois, est rassurante, mais celle de 19 % observée en Amérique est très instructive, dans un contexte de détérioration de la demande américaine. Puisqu’elle démontre une nouvelle fois, si besoin était, la capacité confirmée d’Hermès à surmonter les tendances défavorables de la demande grâce à la très grande attractivité de sa marque et de ses produits.
Porté par le succès des collections de prêt-à-porter, des accessoires de mode et des chaussures, la branche vêtement et accessoires est en tout cas celle qui a généré le plus gros écart avec les attentes, avec des ventes en hausse de 34 %, à 950 millions d’euros, contre une croissance organique de 20 % anticipée par le consensus. Dans le même temps, les divisions Soie et textiles, Parfum et beauté, et Horlogerie ont connu des croissances organiques de 20 %, 7 % et 25 % respectivement.
Le deuxième trimestre se présente bien
Si comme à son habitude, Hermès ne donne pas de prévisions chiffrées pour la suite de l’exercice, le groupe a confirmé son "objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux" à moyen terme, "malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde". Et, dans l’immédiat, le deuxième trimestre va bénéficier d’une base de comparaison favorable, alors que la même période de 2022 avait subi des fermetures de magasins en Chine en raison de la crise sanitaire.
Cependant, revers de la très bonne résistance de ses ventes dans l’empire du Milieu l’an dernier, le groupe ne sera sans doute pas celui qui profitera le plus de la reprise du marché du luxe chinois en 2023. D’autant que ses nouvelles maroquineries ne suffiront pas à satisfaire les niveaux de demande élevés pour ses sacs en cuir emblématiques.
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