Macro-économie / Taux
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La croissance américaine rebondit pour le moment / L'inflation n'est pas encore enrayée mais Joe Biden peut respirer avant les midterms
En finir avec l'inflation tout en veillant à ne pas anéantir la croissance, voilà le périlleux défi que tentent de relever les autorités américaines. D'autant plus qu'arrivent très prochainement les élections de mi-mandat, traditionnellement défavorables au pouvoir en place. Ce qui pourrait limiter la marge de manœuvre en termes de politique budgétaire, qui est pourtant précieuse alors que tôt ou tard la lutte contre l'inflation aura porté ses fruits.
Pour combien de temps ?
Derrière les récents bons chiffres de la croissance américaine, se cache cependant une mauvaise nouvelle : la demande intérieure semble s'essouffler. La consommation des ménages, qui représente une grande partie de l'activité économique Outre-atlantique, ne progresse plus que faiblement. Et ce alors que l'épargne accumulée durant la période du covid commence lentement à décroître. Autant de signes qui font dire à Ruben Nizard, économiste en charge de l'Amérique du Nord chez Coface, que "le risque de récession est en augmentation" pour l'économie américaine. Ce dernier estime que "les vents contraires sur les États-Unis sont très forts, entre inflation et resserrement monétaire".
Un des risques majeurs pour Washington est que l'inflation dans les services est de plus en plus importante et occupe une part grandissante dans la spirale inflationniste. La forte inflation n'est donc pas encore vaincue Outre-Atlantique et il faudra peut-être attendre une récession pour qu'elle soit endiguée. La résilience des consommateurs américains ne pourra pas être éternelle, Ruben Nizard rappelant qu'elle est due "aux 2 000 milliards de dollars revenus qui ont pu être accumulés" lors de la pandémie. Or ce matelas ne pourra pas durer indéfiniment, "un tiers ayant déjà été consommé". L'autre mauvaise nouvelle est que les importations américaines ont déjà diminué de 6,9 % lors du troisième trimestre, un signe d'une baisse notable de la demande.
Toujours en tête
Même en difficulté, les États-Unis restent un des piliers de l'économie mondiale et ne subissent pas l'inflation énergétique comme le Vieux continent. Une des raisons qui font dire à l'économiste de chez Coface qu'on "s'attend à ce que les États-Unis surperforment par rapport à ses pairs des économies avancées". Les signes avant-coureurs d'une baisse de l'inflation étant notamment perceptibles dans le secteur immobilier ; Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF, note qu'en août "pour la première fois depuis 2011, le prix des maisons a baissé dans les 20 métropoles couvertes par les données Case-Shiller".
Un arrêt de l'inflation dans l'immobilier qui va finir par se répercuter dans le reste de l'économie, notamment via les matières premières. Bruno Cavalier affirmant que "les indices de confiance des directeurs d’achat (PMI) sont passés sous le seuil critique des 50 points dans le secteur manufacturier (49.9) et les services (46.6)". Il faudra cependant vraisemblablement encore attendre pour la fin du resserrement de la politique monétaire de la Réserve Fédérale.
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