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La chute du pétrole n'est pas forcément une bonne nouvelle

Une chute de 10 dollars du prix du pétrole entraîne une hausse de la croissance mondiale de 0,2 point. Mais, la faiblesse de l’or noir comporte aussi des risques comme une plus grande volatilité sur les marchés, liée à la baisse de liquidités.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

Le Brent poursuit sa dégringolade, entamée au début de l’été puisqu’il se traite actuellement à 83,96 dollar le baril, contre 114 dollar début juin. Soit une baisse de plus de 30 dollars en cinq mois à peine, dans un contexte déjà fortement déflationniste. La baisse de la demande mondiale, avec la révision à la baisse de la croissance européenne et chinoise pour l’an prochain (1% pour la zone euro et 7% pour la Chine soit 0,5 et 0,3 point de moins qu’anticipé) ainsi que la progressive indépendance énergétique des Etats-Unis, grâce au gaz de schiste expliquent notamment cette chute brutale de l’or noir.

La hausse du dollar a également pesé sur le prix du pétrole en dehors du pays et suscité une baisse de la demande. La réunion de l’OPEC le 27 novembre prochain sera décisive pour connaître l’orientation générale des pays producteurs de pétrole et leur décision pour éventuellement contrer la faiblesse actuelle du baril. Les analystes de la Société Générale estiment que l’or noir devrait atteindre 91 dollars le baril en moyenne sur 2015 et pourrait même atteindre un prix significativement plus bas si les pays producteurs n’interviennent pas.

La baisse du baril est à première vue une bonne nouvelle pour la croissance : selon un modèle macro établi par les analystes de la Société Générale, chaque baisse de 20 dollars le baril entraîne une hausse du PIB mondial de 0,26 point. Mais une trop forte chute n’est pourtant pas sans risque pour l’équilibre économique et financier international : ainsi la baisse des prix est un coup dur pour la plupart des grands pays exportateurs de pétrole, tels que la Russie, l’Iran et le Venezuela. «Si les prix du gaz s’effondrent également, l’impact négatif serait immense pour la Russie », expliquent les analystes de la Société Générale.

Ceux-ci sont également inquiets de la baisse de la liquidité que pourrait entraîner la chute de la demande d’or noir. « Une baisse du pétrole signifie moins de pétrodollars et donc moins de liquidités ». Sachant que dans le même temps, la Fed remontera progressivement ses taux directeurs, ce qui risque également de peser sur la liquidité mondiale, entraînant une plus forte volatilité des marchés. Enfin, les Etats-Unis seraient également impactés par la chute du baril, puisqu’en dessous d’un certain prix, le gaz de schiste n’est plus compétitif par rapport au pétrole. « Même si un baril à 70 dollars rend l’exploitation du shale gaz moins rentable, celui-ci continuera de représenter une ressource inégalée pour les Etats-Unis », concluent cependant les analystes.

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