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Banque centrale européenne / Inflation / achats nets d'actifs
BCE : la fermeture du robinet cet été est de plus en plus probable
En raison de la persistance de l’inflation historique frappant les Dix-neuf, il devrait bientôt connaître le même sort que son petit frère. Après voir décidé de la fin, en mars, des achats nets d’actifs conduits au titre du programme d’achat d’urgence pandémique (le PEPP, mis en place en mars 2020), le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a estimé que "les informations disponibles depuis sa dernière réunion renforcent son anticipation selon laquelle les achats nets d’actifs au titre de l’APP [programme d’achats d’actifs traditionnel de la BCE lancé à l’automne 2014, ndlr] devraient prendre fin au troisième trimestre".
Dans un contexte où l’inflation a fortement augmenté à cause du déclenchement du conflit russo-ukrainien (elle a atteint 7,5 % sur un an en mars contre 5 % en décembre tirée par l’envolée des prix de l’énergie) et où elle devrait continuer à évoluer à des niveaux élevés au cours des mois à venir (l’objectif de la BCE est de 2 % à moyen terme), la nécessité pour l’institution de Francfort de continuer à appuyer sur la pédale d’accélérateur en faisant grossir ses avoirs en obligations publiques et privées se fait moins sentir. "Nous nous devons d’être vigilants au choc d’inflation et aux conséquences qu’il pourrait avoir sur l’évolution des salaires et les anticipations d’inflation. C’est pourquoi nous jugeons, compte tenu des conditions de financement, que la probabilité d’une fin des achats nets d’actifs au titre de l’APP lors du troisième trimestre est très élevée", a justifié Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de sa conférence de presse. La grande argentière a ajouté que la date exacte de fin des achats d'actifs serait évaluée lors de la réunion du Conseil des gouverneurs du 9 juin prochain.
Précisons que la fin des achats nets ne serait pas pour autant synonyme de désertion des marchés obligataires de la part de la BCE. En effet, comme il s’y emploie dans le cadre du PEPP depuis ce mois-ci (un stock de 1 719 milliards d’euros d’actifs fin mars), l’institut d’émission poursuivra le réinvestissement des tombées de titres arrivant à maturité de l’APP (3 180 milliards d’euros d’actifs fin mars). Ces réinvestissements dureront au moins jusqu’à la fin 2024 pour le PEPP et aucune date n’a été mentionnée pour l’APP.
La disparition des achats nets d’actifs est une condition préalable au relèvement des taux d’intérêt directeurs de la BCE : elle aura lieu "quelque temps après". Interrogée sur cette formulation, Christine Lagarde a précisé que cela pouvait signifier "une semaine ou plusieurs mois". En conséquence de quoi, techniquement, le Conseil des gouverneurs pourrait donc décider de procéder à une augmentation de taux d’intérêt lors de sa réunion du 21 juillet étant donné que les achats nets d’actifs pourraient avoir cessé plus tôt dans le mois. "Nous pensons toujours qu'il est peu probable que la BCE procède à une hausse en juillet, mais Christine Lagarde a tenu à préciser que cette option était possible", analyse Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management. Il faudra attendre la réunion du 8 septembre, selon Carsten Brzeski, économiste chez ING.
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