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Airbus et Boeing ont relevé la tête en 2021

Leurs livraisons et leurs commandes sont en nette hausse par rapport à une année 2020 sinistrée par la pandémie, signe que les compagnies aériennes ont gagné en visibilité. L’avionneur de Toulouse prend globalement l’avantage sur son rival.
Guillaume Faury, directeur général d'Airbus
Guillaume Faury, directeur général d'Airbus

Le match entre Airbus et Boeing est toujours à couteaux tirés. Selon l’indicateur que l’on prend, l’un comme l’autre a viré en tête devant son rival à l’issue de l’année 2021, mais globalement l’avionneur européen a dominé les débats.

Sur le plan des livraisons, donc de la production, l’avionneur européen a remporté son match contre son rival américain : une information rassurante dans un contexte marqué par les très fortes perturbations des chaînes d’approvisionnement en raison de la pandémie. L’avionneur européen a dépassé son objectif de livraison de 600 appareils commerciaux en 2021 : il en a livré 611, soit 8% de plus qu’un an plus tôt.

En comparaison, Boeing a déclaré avoir livré 340 unités en 2021 : ce nombre représente plus du double celui de 2020 (où seulement 157 appareils avaient été livrés), mais il est très notoirement inférieur à celui d’Airbus, qui devance son rival pour la troisième année consécutive. En plus des perturbations qui ont affecté l’ensemble du secteur, Boeing a également subi des difficultés de production sur son 787 Dreamliner, provoquées par des inspections de défauts de production.

En termes d’activité commerciale, 2021 a été particulièrement dynamique pour les deux avionneurs. Airbus a engrangé 771 commandes brutes en 2021, soit le double de l’année précédente, et 507 commandes nettes (corrigé des annulations), également en très forte progression (+89%). Avec un carnet de commandes fort de 7 082 unités au 31 décembre, Airbus dispose d’une visibilité de 9,5 années.

Sur une base sous-jacente, Boeing a fait mieux : il affiche 909 commandes brutes et 535 commandes nettes, en prenant en compte des ajustements comptables liés à la capacité estimée des compagnies aériennes à prendre livraison. Mais en excluant ces ajustements, l’Américain annonce 479 commandes nettes.

La réaction boursière est timide (l’action Airbus a clos hier en hausse de 0,4% à environ 118,4 euros) : l’information d’un probable dépassement de l’objectif de livraisons avait largement filtré ces derniers jours et certains analystes attendaient davantage. Mais ces performances ont été réalisées dans un environnement difficile : la progression du variant Omicron (qui a provoqué un fort absentéisme), le retour consécutif de certaines restrictions de déplacement et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Airbus a même terminé l'année en trombe, puisqu’il a livré 93 appareils livrés en décembre – alors que la moyenne des cinq derniers mois précédents est de 44 livraisons.

Airbus s’est démené pour pouvoir se targuer d’avoir dépassé son objectif (il a assuré 28 livraisons au cours des cinq derniers jours de l’année), alors qu’au mois d’octobre, il soulignait que les difficultés – notamment d’approvisionnement – de certains de ses fournisseurs entraînaient encore des retards de livraison.

Les chiffres confirment qu’Airbus a pris la bonne direction en privilégiant les appareils monocouloirs à la consommation en carburant réduite : 483 appareils de la famille des A320 ont été livrés, contre 446 en 2020.

"D'importantes commandes de la part des compagnies aériennes du monde entier ont été signées au cours de l'année, témoignant de la confiance dans la croissance durable du transport aérien au-delà de la crise Covid", a indiqué Guillaume Faury, directeur général d’Airbus. De telle sorte qu’en 2022, il faut s’attendre à ce qu’Airbus poursuive sur une tendance positive.

"Bien que des incertitudes demeurent, nous sommes en bonne voie pour augmenter notre production au cours de l'année 2022 afin de répondre aux exigences de nos clients", a précisé Guillaume Faury. Le groupe pourrait donner des perspectives en la matière à l’occasion de la publication de ses résultats pour l’exercice 2021, prévue le 17 février. A ce titre, le groupe avait relevé ses objectifs en octobre et anticipe un résultat opérationnel ajusté de 4,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements clients de 2,5 milliards d'euros. Une dégradation de la situation sanitaire en Chine pourrait en revanche peser sur les perspectives d’Airbus, a précisé le dirigeant.

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