Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
EDF lanterne rouge du CAC 40 à cause de Flamanville
Le titre de l’électricien français EDF est fortement attaqué aujourd’hui en Bourse. Les investisseurs sont manifestement lassés par un énième report de la mise en service de l’EPR de Flamanville, comme le rapportait ce matin Le Figaro.
Initialement prévu pour 2012 pour un coût estimé de 3 milliards d’euros, le réacteur nucléaire de troisième génération ne sera finalement lancé qu’au quatrième trimestre 2018. Un retard, qui augmente de 2 milliards les frais du projet pour un coût total de… 10,5 milliards. Le fournisseur d’électricité français cumule ainsi les difficultés sur ce projet. Il est d’ailleurs dans la ligne de mire de l’Autorité de sûreté nucléaire qui soupçonne un défaut de fabrication dans la cuve du réacteur fabriquée par Areva. Une autre épée de Damoclès au dessus de la tête du groupe qui pourrait encore rencontrer des problèmes de délais et de coûts voire une remise en question radicale du chantier.
De plus, ces déboires interviennent alors que la filiale française du nucléaire est en pleine restructuration. EDF pourrait potentiellement racheter entre 51% et 75% du capital d’Areva NP qui regroupe les activités réacteurs du groupe. Rappelons qu’Areva, qui a dû faire face à de graves problèmes financiers, ne semble pas mieux se débrouiller avec l’EPR finlandais car après plusieurs reports le groupe nucléaire ne se donne même plus la peine d’indiquer la date de mise en service du réacteur.
A cela se mêlent également des enjeux plus politiques. Avec un président dont l’une des promesses de campagne était de fermer la centrale de Fessenheim et une capacité de production nucléaire qui a déjà atteint son plafond légal (63,2 gigawatts), l’ouverture de la centrale de Flamanville n’est pas qu’une question technique.
Toutefois, le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, ne se laisse pas démonter pour autant et a déclaré ce matin : « J'ai pris le temps d'analyser en détail le projet de l'EPR de Flamanville et j'ai une totale confiance en sa réussite ». Rappelons que des étapes importantes ont déjà été menées à bien récemment : la salle de commande a été mise en service, le génie civil a été réalisé à 98% et les montages électromécaniques à 60%. Enfin, profitant de la conférence de presse annonçant la pénible nouvelle de Flamanville, le management a confirmé ce matin le lancement du projet de la construction de deux autres réacteurs EPR à Hinkley Point au Royaume-Uni.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

