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Le capital investissement se porte mieux en France
Le Private Equity se porte bien en France, très bien même, après un énorme trou d’air à la suite de la crise financière de 2008. Selon l’AFIC, l’association française des investisseurs pour la croissance, les investissements des acteurs du financement en fonds propres des entreprises non cotées ont atteints 10,7 milliards d’euros en 2015, contre 8,7 milliards en 2014. Pour la seule année 2015, 1 650 entreprises ont été financées, ce qui permet à une étude de l’association BSI Economics, dressant l’état des lieux du capital investissement en France, de placer l’Hexagone au deuxième rang mondial derrière les Etats-Unis (5 000) mais devant l’Allemagne (1 300) ou le Royaume-Uni (900).
“Ces deux dernières années se distinguent de la période 2009-2013 par la forte progression des fonds de fonds et des entités du secteur public (françaises et étrangères, fonds souverains compris) dans le total des fonds levés par le capital-investissement français avec près de 20% du total des levées”, souligne Stéphane Dahmani, l’auteur de l’étude. Dans le détail, “les fonds sont majoritairement levés pour des opérations de capital développement”, relève-t-il encore. Elles ont pesé pour 5 milliards d’euros en 2015, portées par une collecte en hausse de 45%. Dans le même temps, la collecte pour le capital transmission a baissé de 41% à 3,3 milliards d’euros et celle pour le capital risque a augmenté de 67% à 1,4 milliard d’euros, après un repli de 40% un an plutôt.
Il faut dire que les entités publiques françaises prennent de plus en plus de place. Leurs investissements en fonds propres sont passés de 230 millions d’euros en 2009 à 2,05 milliards d’euros en 2015. Cela s’explique par “la montée en puissance de différents dispositifs (FNA, fonds MultiCap Croissance, fonds de fonds souscrits par Bpifrance Participations) dont Bpifrance via Bpifrance Investissement constitue l’opérateur principal”, rappelle l’analyste. Une tendance inquiétante pour ce dernier : “Les interventions publiques pourraient entraîner un risque de dépendance sur les segments les plus en amont du capital-investissement.”
Les entités publiques ne font pas tout. Les investisseurs étrangers ont investi 2,8 milliards d’euros en 2015. Il y a aussi les investisseurs institutionnels, comme les banques, les assureurs et les caisses de retraite, à hauteur de 3,26 milliards d’euros, les investisseurs privés au-travers de familly office pour 1,8 milliard d’euros, ou encore les particuliers souscrivant des FIP (fonds d’investissement de proximité) et FCPI (fonds commun de placement dans l’innovation avec 723 millions d’euros collectés sur les deux dernières années. Cette diversité d’acteurs permet au capital investissement français d’afficher un taux de couverture de son marché domestique de près de 0,9% pour les entreprises de plus de 10 salariés, l’un des plus élevés du monde. Aux Etats-Unis, le pays pionnier du capital investissement, il n’est que de 0,6 %.
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