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Flux et reflux de capitaux depuis les marchés émergents

Macro-économie / Taux / flux capitaux / volatilité / Banque de France

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Flux et reflux de capitaux depuis les marchés émergents

Le mouvement de panique sur les marchés qui a succédé au début de la pandémie a entraîné des flux massifs de capitaux depuis les économies émergentes vers les économies les plus avancées. Mais ces sorties d’argent ont rapidement été enrayées par une réponse adaptée.
Emergents
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Plus de 100 milliards de dollars de capitaux, au titre des investissements de portefeuille, sont sortis des économies émergentes au cours des deux premiers mois de la pandémie. Un tel mouvement de panique n’avait jamais été observé au cours des crises financières passées, selon une étude conjointe de la Banque de France, du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cet assèchement soudain des flux de capitaux en direction des marchés émergents a immédiatement entraîné pour ces pays, une dépréciation du taux de change, accompagnée d’une hausse du coût de financement, et d’un accès limité au financement externe pour les entreprises locales. Mais, si les sorties ont été brusques, elles ont été de courte durée.

Dès le mois d’avril, les flux nets de portefeuille en monnaie locale en direction des économies émergentes se sont stabilisés. La mise en place de politiques monétaires non conventionnelles de la part des pays émergents, notamment leurs interventions sur les marchés des changes, a surpris par son efficacité. Par ailleurs, la politique d’assouplissement quantitatif de la Reserve fédérale américaine (Fed) et ses programmes d’achat d’actifs à grande échelle, ont tari le mouvement de report vers le dollar en tant que monnaie refuge, puisque sa baisse de rendement rendait les placements en dollars moins attrayants.

La volatilité des flux de capitaux

La crise a malgré tout rappelé l’extrême volatilité des flux de capitaux en période économique instable et anxiogène. Les économies émergentes ne sont pas les seules à avoir été touchées. Les économies avancées comme les États-Unis, le Japon, et certains pays en périphérie de la zone euro ont connu une volatilité importante des flux de capitaux tout au long de cette année. Le Japon, au mois de mars dernier, a vu les flux entrants bruts en direction de l’économie nipponne (achats nets par des résidents étrangers d’instruments financiers domestiques) diminuer de l’équivalent de 2,5 % de son PIB annuel de 2019. Au mois de juillet, ces flux augmentaient de 1,7 % soit une amplitude de l’équivalent de 4,2 % de son PIB en quatre mois. 

Face à ce constat, les banques centrales de France et d’Angleterre, le FMI et l’OCDE, ont réfléchi conjointement à une possible approche coordonnée des grandes institutions. L’objectif est d’atténuer les effets de flux et reflux de capitaux entraînés par les crises et de restaurer le plus rapidement possible la confiance sur les marchés après un choc. Ce groupe de travail a suggéré la création d’un dispositif de surveillance spécifique appelé capital flow at risk qui fournirait des informations sur les risques posés par les différents types de flux de capitaux. Un outil de coopération internationale a déjà fait ses preuves : la création de lignes de swap entre la Fed et d’autres banques centrales. Elles permettent d’approvisionner les banques centrales étrangères en dollars. Ces lignes de swap restent à ce jour la plus grande initiative conjointe de banques centrales ; massivement utilisées lors de la dernière crise financière mondiale, elles ont à nouveau servi lors des premiers mois de la pandémie. D’autres dispositifs ont aidé, comme la suspension du service de la dette lancée par le G20 en faveur des pays les plus pauvres. 

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