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Macro-économie / Taux / BNP Paribas / Etats-Unis / europe

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BNP Paribas / Etats-Unis / europe

Pourquoi les États-Unis font mieux que l’Europe

L’équipe d’économistes de BNP Paribas donne trois raisons pour lesquelles l’Oncle Sam va enregistrer une récession plus de deux fois moindre que celle du Vieux continent.
Central Park - New York - Etats-Unis - vert - verte - écologie - environnement
Central Park - New York - Etats-Unis - vert - verte - écologie - environnement

De l’avis de nombreux observateurs, c’est la gestion de la crise pandémique qui aura coûté à Donald Trump sa réélection à la tête des États-Unis. Contrairement à l’Europe dont on a dit qu’elle a privilégié la santé au détriment de l’économie, l’Oncle Sam a fait peser des mesures de restriction bien moins contraignantes sur l’activité. "C’est en effet l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis sont l’une des économies de l’OCDE qui s’en sort le mieux", reconnaît Jean-Luc Proutat, économiste responsable des pays de l'OCDE chez BNP Paribas. Ainsi, la banque de la rue d’Antin prévoit un recul du Produit intérieur brut (PIB) américain de 3,6 % cette année contre une chute de 7,5 % en zone euro.

Certes, des contraintes plus légères ont vu le jour aux États, mais ces dernières semblent avoir permis d’afficher des bilans sanitaires comparables avec certains grands pays de la zone euro. Concrètement, les États-Unis comptent 921 décès par million d’habitants quand l’Italie en compte 1 092 et l’Espagne 1 028. La France, elle, se situe à 870 morts par million d’habitants. Au-delà des mesures de restriction, c’est le différentiel de politique budgétaire menée des deux côtés de l’Atlantique qui explique aussi les meilleures performances américaines. "Les dépenses budgétaires discrétionnaires ont été particulièrement importantes, notamment pour indemniser le chômage", analyse Jean-Luc Proutat. D'après le dernier Fiscal Monitor du Fonds monétaire international, les dépenses budgétaires discrétionnaires directes (les Prêts garantis par l'État en sont exclus) américaines ont atteint plus de 10 points de PIB, soit un chiffre deux fois plus massif qu'en France ou en Italie et près de trois fois plus qu'en Espagne.

D’autre part, la spécialisation sectorielle relative a joué. De fait, les secteurs affectés par le durcissement des mesures de restriction partout dans le monde ont bien été identifiés depuis le premier semestre, que ce soit l’hébergement-restauration, le commerce de détail ou la fabrication de matériels de transport. D’autres, au contraire, comme le secteur de la technologie, y ont été relativement indifférents, voire sont sortis renforcés de cette crise. Or, au sein de l’économie américaine, "le poids des technologies d’information et de la communication est l’un des plus élevés de l’OCDE", rappelle Jean-Luc Proutat. De plus, ce secteur est présent en bourse et l’envolée des valorisations de certaines de ses entreprises (les GAFA mais pas seulement) depuis le début de cette crise génère un effet richesse et participe à la résilience de la consommation des ménages et donc du PIB.

Pour l’an prochain, BNP Paribas anticipe une croissance du PIB américain de 3,7 %. "L’économie américaine devrait retrouver son niveau d’avant-crise dès la fin 2021, soit le rythme le plus rapide parmi les économies de l'OCDE", signale Jean-Luc Proutat.

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