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Publications, Résultats
Hermès / LVMH / Kering
Et si Hermès était surévalué ?
Hermès est indiscutablement un groupe magique, capable de réaliser chaque année une croissance moyenne de ses ventes de 15 %, d’afficher une rentabilité opérationnelle de 34 % - supérieure à celle de LVMH – de se renouveler par le lancement de nouveaux produits (les rouges à lèvres tout récemment), tout en gardant une culture et une agilité de PME artisanale. Toutes ces qualités lui ont permis d’afficher l’an passé un résultat opérationnel courant, en progression de 13 % à 2,3 milliards d’euros et un résultat net supérieur à 1,5 milliard.
L’Asie reste le principal moteur du groupe avec une croissance des ventes de 18 % légèrement impactée toutefois par les événements de Hong Kong au cours du quatrième trimestre. La déception est venue du Japon où le taux de croissance n’a été que de 8 % en raison d’une hausse de la TVA intervenue en octobre. Désormais toute l’Asie au sens large représente la moitié du chiffre d’affaires d’Hermès. Et cela, c’est sans compter les ventes faites aux Asiatiques de passage en Europe. L’Amérique reste une zone dynamique avec une croissance de 12 % des ventes.
Tous les métiers sont en croissance, avec une performance remarquable (+ 17 %) des vêtements & accessoires portés par le succès des collections de prêt-à-porter féminin et masculin, des accessoires de mode et en particulier des chaussures. L’horlogerie (+12 %) continue d’afficher une bonne dynamique des ventes. Et il faut noter l’envolée du chiffre d’affaires (+ 20 %) de ce que le groupe appelle ses autres métiers Hermès qui regroupent la bijouterie, l’art de vivre et les arts de la table.
Il reste qu’Hermès est désormais valorisé en bourse près de 70 milliards d’euros, car le titre a profité comme LVMH et Kering d’une année boursière 2019 très favorable. Mais on peut aujourd’hui poser la question d’une survalorisation du prestigieux sellier. Même diminuée d’une trésorerie de 4,5 milliards d’euros, sa capitalisation boursière atteint encore 65,5 milliards d’euros. Ce qui représente 42,5 fois le résultat net de 2019 et 39 fois celui attendu pour 2020 dans un contexte marqué par le coronavirus qui frappe sa première zone de chalandise.
Bien sûr si le groupe est à vendre, certains seraient prêts à payer bien plus que la valeur boursière du groupe. Mais le capital est fermement contrôlé par les deux holdings familiales H 51 et H 2. Il n’y a donc pas lieu de retenir une prime spéculative. En revanche, Hermès est le plus petit des groupes de luxe, et celui qui ne bénéficie d’aucun amortisseur de crise en dehors de sa marque unique au monde. C’est pourquoi nous pensons qu’il serait déraisonnable d’escompter une nouvelle phase de hausse du titre au cours des prochains mois. Même en cas d’arrêt rapide de l’épidémie de coronavirus.
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