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Kering structure sa montée en puissance dans la joaillerie / Un pôle dédié piloté par Jean-Marc Duplaix

Kering accélère la structuration de son activité joaillerie avec la création d’une entité dédiée. Au-delà d’un simple ajustement organisationnel, le groupe fait émerger un nouveau levier de croissance, en lien avec une refonte plus large de son modèle.
(Photo by BERTRAND GUAY / AFP)
(Photo by BERTRAND GUAY / AFP)

La réorganisation menée par Luca de Meo à la tête de Kering se poursuit sans temps mort. Le groupe de luxe a annoncé lundi la création de Kering Jewelry, une entité dédiée à la joaillerie qui regroupera les maisons Boucheron, Pomellato, Dodo et Qeelin sous une même bannière opérationnelle.  Une étape clé dans la structuration d’un pôle longtemps resté périphérique malgré des ambitions anciennes. La joaillerie change ainsi de statut : d’activité de diversification, elle devient un axe pleinement organisé, doté de sa propre gouvernance et d’une logique industrielle intégrée. « Avec Kering Jewelry, nous dotons le groupe d’une plateforme puissante et cohérente, capable d’accompagner l’ambition de nos Maisons dans un métier où créativité et excellence sont indissociables », souligne Luca de Meo.

Jean-Marc Duplaix hérite de la direction de Kering Jewelry, avec effet immédiat. L'actuel directeur financier et COO du groupe conserve l'ensemble de ses attributions - finance, M&A, relations investisseurs, immobilier, digital, secrétariat général - auxquelles s'ajoute désormais la supervision opérationnelle des quatre maisons de joaillerie, dont les directeurs généraux lui reporteront directement. Un cumul de responsabilités qui reflète la volonté de piloter ce segment au plus près, en articulant discipline financière et logique de développement. « Son expérience sera déterminante pour libérer le plein potentiel du groupe dans la Joaillerie », a déclaré Luca de Meo.

 

Maîtriser la chaîne de valeur

 

Le mouvement s’inscrit dans une séquence d’investissements récents qui traduisent la volonté de Kering de renforcer sa maîtrise de la chaîne de valeur. Le 18 décembre 2025, le groupe a ainsi signé un accord pour acquérir par étapes Raselli Franco Group, manufacturier italien familial et partenaire historique de grandes maisons de haute joaillerie, dont l’intégration est en cours et qui est, selon le communiqué, « appelé à jouer un rôle central grâce à son savoir-faire d’excellence et à ses technologies de pointe ».

Dans le même temps, Kering Ventures a pris une participation minoritaire dans Borland, joaillier chinois spécialisé dans les techniques d’orfèvrerie traditionnelle au filigrane d’or 24 carats. Une implantation ciblée sur un savoir-faire spécifique, mais aussi sur une géographie stratégique : l’Asie-Pacifique représente 41 % du chiffre d’affaires de Kering Jewelry.

 

Une nouvelle lecture du modèle Kering

 

La création du pôle Kering Jewelry s’inscrit, dans le modèle économique du groupe, comme un moyen de donner une visibilité propre à une activité encore modeste - 935 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 - mais orientée à la hausse, avec une progression comparable de 8 % sur l’exercice, à rebours du recul marqué de la mode et maroquinerie. La rentabilité reste en retrait, avec une marge opérationnelle d’environ 3,4 %, traduisant un modèle encore en phase de structuration, mais aussi un potentiel d’amélioration lié aux effets d’échelle et à l’intégration industrielle.

Cette évolution s’inscrit dans une refonte plus large de la présentation des activités, dévoilée simultanément. À compter du premier trimestre 2026, Kering distinguera quatre segments opérationnels : Mode et Maroquinerie, Kering Jewelry, Kering Eyewear, et Corporate et Autre. « Cette nouvelle présentation renforce la lisibilité du modèle stratégique de Kering, met en valeur la dynamique de chacune de ses activités et reflète plus fidèlement la structure organisationnelle du groupe », indique Kering.

Tous les regards se tournent désormais vers le 16 avril, date du Capital Markets Day où Luca de Meo doit détailler les orientations stratégiques du groupe. La feuille de route « ReCONKering », pensée comme un plan de transformation sur dix-huit mois visant à restaurer une croissance rentable par la rationalisation et le recentrage sur les marques, n’a pas encore été formellement présentée. Les annonces du jour en dessinent toutefois les premiers contours organisationnels.

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