Macro-économie / Taux / Etats-Unis / croissance / Economiste / déficit public
Macro-économie / Taux
Etats-Unis / croissance / Economiste / déficit public
La récession américaine se rapproche à grands pas
On ne peut pas éviter l'inévitable. Après plus de dix ans de croissance ininterrompue, l'économie américaine devrait connaître une récession au plus tard dans deux ans selon les 226 économistes interrogés par le National Association for Business Economists (NABE).
Le sondage réalisé par la plus grande association internationale d'économistes révèle que 38 % des interrogés s'attendent à ce que la première puissance mondiale connaisse une croissance négative dès 2020, suivi de 34 % qui prévoient une entrée en récession en 2021. Seulement 14 % des économistes estiment que le déclin américain ne surviendra pas avant deux ans.
Au-delà même du consensus des experts, l’affaissement du dynamisme américain est factuel et les signaux corroborant la thèse d'une récession se multiplient. Tout d'abord, il y a un net ralentissement de la croissance économique au second trimestre 2019 à 2,1 % en rythme annuel alors que le pays enregistrait 3,1 % de croissance sur un an, un trimestre plus tôt. Ensuite le taux de chômage outre-Atlantique flirte avec son plus bas niveau depuis cinquante ans. Cela signifie qu'aucune marge de manœuvre n'est disponible sur le marché du travail et que le manque de main-d’œuvre pour les entreprises aura un impact négatif sur la production et l'activité économique des prochaines années. Enfin, les États-Unis devraient souffrir de l'enlisement du commerce mondial qui ne devrait croître que de 2,6 % cette année contre 3 % l'année passée. Et cela impactera considérablement la croissance américaine dont les échanges de biens dans le monde représentent plus de 12 % de son Produit intérieur brut.
À ce ralentissement économique vient s'ajouter une croissance en trompe-l’œil. Les 2,1 % de croissance en rythme annuel qu'affiche le pays sont en grande majorité financées par un déficit public abyssal qui dépassera 4 % du PIB en 2019 selon les services du budget du Congrès (CBO) qui tablent sur un exercice déficitaire à hauteur de 900 milliards de dollars. Sans l'entêtement de Donald Trump à faire continuellement croître la dette nationale les États-Unis seraient certainement déjà en récession.
Par ailleurs, si le sondage du NABE indique que seulement 2 % des économistes estiment que le début de la récession aura lieu avant la fin de l'année 2019 contre 10 % dans un sondage similaire réalisé en février, cela est notamment dû au changement de politique monétaire amorcé par la Réserve Fédérale le 31 juillet dernier. En abaissant son taux directeur d'un quart de point de 2,5 à 2,25 %, la Fed envoie un premier signal montrant qu’elle soutiendra l'économie du pays si celle-ci venait à se dégrader. Pour autant, ces mesures risquent d'être insuffisantes car s’il est possible de retarder l’arrivée d’une récession liée à la fin d’un cycle économique, il n’est en revanche pas possible d’y échapper.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

