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Ardian veut reconstruire des routes et ponts aux Etats-Unis
Ardian avait déjà franchi une étape importante de son développement outre-Atlantique lorsqu’il a racheté la société de gestion Seven Mile Capital Partners à New York à l’automne 2016, devenue Ardian North America Direct Buyout. Aujourd’hui, il annonce la levée de son premier fonds d’infrastructure destiné à investir aux Etats-Unis et dans les pays américains membres de l’OCDE, pour plus de 800 millions de dollars et closé en moins de six mois.
« Cette levée de fonds a été très rapide, nous avons obtenu la confiance de nos investisseurs existants, mais aussi de nouveaux en particulier américains, d’ailleurs 40% de nos Limited Partners viennent d’Amérique du Nord », indique Mathias Burghardt, membre du comité exécutif d’Ardian et responsable d’Ardian Infrastructure. Qui précise que les investisseurs japonais ont également montré leur appétit pour cette classe d’actifs. Le fonds aura vocation à investir dans le midmarket, soit des tickets entre 100 et 200 millions de dollars, dans les secteurs du transport et de l’énergie.
Pour convaincre ses investisseurs, Ardian a sans aucun doute pu faire valoir ses compétences dans le secteur l’an passé, lui qui occupe une place incontournable dans l’investissement en infrastructures en Europe, où il gère déjà 9 milliards de dollars. Le mois dernier, il a ainsi annoncé la vente de ses 49% dans l’aéroport londonien Luton au fonds australien AMP, après avoir investi plus de 160 millions de livres en cinq ans aux côtés d’Aena, pour développer l’aéroport.« Ardian a plusieurs cordes à son arc : nos performances passées en tant que pionnier de l’infrastructure en Europe, un pipeline de deals déjà très rempli grâce à nos partenariats avec de grands industriels européens, mais aussi du flair sur cette opportunité sans précédent que représente le midmarket américain », commente Mathias Burghardt. Le fonds mise sur un couple risque-rendement attractif, soit un rendement net à deux chiffres pour un horizon d’investissement certes long, soit 15 ans au maximum.
De fait, l’infrastructure a été une thématique très présente dans la campagne électorale américaine, et Donald Trump s’était lui-même engagé à mettre en place un grand plan de dépenses de 1.000 milliards de dollars pour améliorer les aéroports, autoroutes, ponts et tunnels du pays. Si les grands fonds de private equity anglo-saxons à l’instar de Blackstone se sont engouffrés dans la brèche, en closant des fonds à plusieurs milliards de dollars ou encore des fonds d’énergie plus exposés aux prix des commodities, le segment midcap reste encore peu adressé, juge-t-on du côté d’Ardian. Le fonds mise sur sa présence sur place, mais aussi l’arrivée en août prochain de Mark Voccola, expert de l’énergie, qui prendra la responsabilité des activités d’infrastructure d’Ardian US aux côtés du managing director Stefano Mion.
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