Politique européenne / Brexit / Emmanuel Macron / Theresa May
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Brexit / Emmanuel Macron / Theresa May
Brexit : "Macron joue au petit chef"
Emmanuel Macron a une fois de plus cherché à se démarquer sur la scène européenne hier soir, et tenu tête à la quasi-majorité des États sur le délicat sujet du Brexit. Lors du sommet européen exceptionnel consacré à la demande britannique d'un nouveau délai, le Président français s'est opposé à l idée d'accorder un report d'un an aux Britanniques pour sortir de l'UE. Certes, l'Espagne, la Belgique et le Luxembourg étaient également favorables à un délai plus court. Mais le Président français s'est mis à dos la chancelière allemande, beaucoup plus ouverte que lui sur le sujet, et tous les autres États de l'UE, qui ont très mal pris sa décision, considérée comme une simple posture.
C'est du moins ce que relate la presse britannique ce matin, là où Macron est presque autant cité que la Première ministre, de nouveau en position d'échec. "Macron fait enrager les leaders européens en s'opposant à un report long du Brexit", titre ainsi le Guardian en home page de son site. "Le règne de Macron, où comment le Président français est parvenu à unir tout son pays contre lui", titre de son côté l'hebdomadaire conservateur The Spectator. "Vous pensiez que la politique britannique vivait ses heures les plus sombres. Regardez donc du côté français", plaisante le chroniqueur du journal. Selon lui, la position adoptée par le Président lors du sommet d'hier est symptomatique de l'échec de sa propre politique intérieure, et a voulu se trouvé un nouveau cheval de bataille sur la scène européenne : faire payer les Anglais. "Alors que la saga du retrait britannique entre dans son dernier chapitre, Macron est devenu le plus ardent défenseur de l'idée de mettre la Grande-Bretagne à la porte, avec ou sans accord, même si les conséquences étaient désastreuses", commente le journaliste. Une drôle de position, poursuit-il, alors que la France, est le seul pays (avec l'Irlande) à partager une frontière directe avec la Grande-Bretagne. Et que l'Hexagone serait naturellement l'un des États les plus impactés en cas de Hard Brexit. "N'ayant pas réussi à réformer la France depuis Paris, le chef d'État a visiblement décidé de faire de l'Europe son nouveau terrain de jeu politique", poursuit le chroniqueur. Quitte à se démarquer en adoptant des positions de petit chef, comme il l'a encore fait sur le sujet du Brexit cette nuit.
Le Président français est pourtant apparu "isolé" hier lors du sommet européen, raconte pour sa part le Guardian. "Et les responsables allemands n'ont pas caché leur irritation à l'égard d'Emmanuel Macron". Le quotidien raconte comme le chef d'État a tenu à parler le dernier lors du dîner des 27 et relate les piques envoyées à son égard par le président de la Commission. "Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré à la salle que l'opposition de Macron signifiait que 'nous ne résolvons plus que les problèmes intérieurs français'", raconte le Guardian.
Qu'a donc finalement décidé l'UE au terme de ces difficiles heures de discussions ? Les 27 se sont finalement entendus pour accorder à la Grande-Bretagne un délai de six mois de plus pour trouver une solution de sortie de l'UE. Soit jusqu'au 31 octobre prochain. La Première ministre britannique elle, réclamait un report jusqu'au 30 juin, tandis que la majorité des États plaidaient pour un délai d'un an de plus, soit au-delà de 2019. Le report sera flexible, ont précisé les chefs d'États, ce qui signifie que le Royaume-Uni pourra sortir plus tôt s'il trouve un accord avant la date butoir de l'automne. En théorie donc, si Theresa May et Jeremy Corbyn parvenaient rapidement à un compromis sur le Brexit et que le Parlement l'approuvait, le Royaume-Uni ne participera pas aux élections européennes et pourrait quitter l'UE avec un accord le 1er juin. "Mais s'il y a une chose que nous avons apprise de Brexit, c'est que les événements sont plus susceptibles de se produire aux dates limites imposées ou après, pas avant", commente Paul Dales, chef économiste chez Capital Economics. "Notre hypothèse de travail est donc que les négociations traînent jusqu'au 31 octobre 2019 et qu'à ce moment-là, le Royaume-Uni quitte l'UE avec un Brexit plus souple, intégrant probablement une union douanière. D'autres résultats sont également possibles, y compris un "no deal" le 31 octobre 2019, un autre report ou pas de Brexit du tout (révocation de l'article 50)", poursuit l'économiste.
L'UE a par ailleurs assorti ce délai de cinq conditions très strictes, sous l'influence du Président Emmanuel Macron. Quelles sont ces conditions ?
- L’accord de retrait ne sera pas renégocié
- Les négociations sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE ne seront pas entamées avant la sortie,
- Le Royaume-Uni devra participer aux élections européennes des 22 et 23 mai
- Les députés britanniques ne pourront pas entraver les travaux du Parlement européen
- Les 27 feront un point sur l'avancée des négociations côté britanniques en juin
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