Politique économique / Shutdown / Donald Trump
Politique économique
Shutdown / Donald Trump
Shutdown : retour à la case départ ?
Donald Trump avait prévenu : s’il avait provisoirement cédé aux démocrates en acceptant de rouvrir l’administration fédérale après le shutdown le plus long de l’histoire, le répit n’était que de trois semaines, et il n’allait pas céder sur son mur. Et si les 17 législateurs républicains et démocrates ont travaillé sans relâche pour parvenir à un accord ces 15 derniers jours, les discussions ont finalement achoppé dimanche, en raison de la demande faite par les démocrates de limiter à 16.500 le nombre de détentions d’immigrés clandestins. Les républicains ont réclamé de pouvoir augmenter ce chiffre pour des profils criminels, une demande qui a été rejetée et a provoqué le blocage. Ce qui a bien sûr fait réagir Donald Trump sur Twitter, ce dernier clamant que les démocrates "ne veulent pas mettre les criminels en prison !"
Tout espoir n’est pas perdu, et les principaux négociateurs de chaque camp ont prévu de se réunir à nouveau aujourd’hui pour tenter de trouver un compromis. Les discussions portent également sur l’enveloppe à allouer pour des barrières à la frontière : si le Président américain avait réclamé 5,7 milliards de dollars, les législateurs étaient plutôt sur une fourchette de 1,3 à 2 milliards de dollars. Et pendant ce temps, l’administration Trump monte au créneau sur ce dossier brûlant puisqu’elle a décidé d’augmenter en force les troupes militaires à la frontière, à près de 6.000 contre plus de 2.000 auparavant.
À ce jour, Donald Trump a trois options sur le sujet du shutdown, explique Oddo. "Refaire un shutdown, déclarer l’état d’urgence à la frontière mexicaine, ou gagner du temps en prétendant que le ‘mur’ est en construction. La première option est la moins attirante tant elle implique des coûts politiques. La seconde a des bases légales un peu fragiles. La dernière est donc la plus probable, même si elle n’enterre pas définitivement cette distraction autour du ‘mur’", analyse l’économiste. Car le Président a encore renchéri sur Twitter. "Le mur sera construit d’une manière ou d’une autre !"
Et c’est ce discours offensif sur l’immigration, qu’il a déjà tenu lors de son discours sur l’état de l’union, qu’il compte réitérer lors d’un meeting à El Paso au Texas ce lundi. Dans cette ville redevenue très sûre, il compte montrer cet exemple pour prouver que les murs fonctionnent pour sauver des vies américaines, a indiqué un de ses conseillers au New York Times. Ce rendez-vous aura aussi un goût de campagne pour l’élection de 2020, pour lequel le Président espère lever de nouveaux fonds, d’autant qu’il intervient juste après un autre rallye du potentiel candidat présidentiel démocrate, Beto O’Rourke. Après les annonces de candidatures démocrates faites par la sénatrice du Massachussets Elizabeth Warren et celle du Minnesota Amy Klobuchar, Donald Trump a plus que jamais envie et besoin d'entrer dans l’arène de 2020.
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