Fusions, Acquisitions / M&A / BNP Paribas
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M&A / BNP Paribas
M&A : la France fait pâle figure en Europe
La France n’a pas bénéficié du renouveau des M&A en Europe, où le marché a grimpé de 23 % sur un an à 1,17 milliard d’euros, et même aux États-Unis, où la progression atteint 29 % à 1,65 milliard d’euros, selon Dealogic. Certes, les facteurs macroéconomiques comme les incertitudes politiques en Europe, l’issue des discussions commerciales entre États-Unis et Chine, l’incertitude sur la croissance mondiale ou encore le retour de la volatilité ont touché tous les segments de marché et les zones géographiques, ce qui n’a pas facilité les choses. "Pas une seule classe d’actifs n’aura eu un rendement positif en 2018 hormis les Bunds allemands, ce qui ne s’était pas vu depuis 40 ans", relève Sophie Javary, vice-chairman de la zone EMEA pour la banque de financement et d’investissement de BNP Paribas.
Mais force est de constater que la France n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu, loin de là. En Europe, l’Hexagone qui jouait deuxième ex aequo avec l’Allemagne entre 2015 et 2017, est reléguée derrière l’Espagne (12 %), l’Europe centrale et de l’Est (9 %), les pays nordiques (8 %) et même à égalité avec l’Italie (6 %). "La France n’a représenté que 6 % des volumes M&A de la zone EMEA, contre 11 % l’année dernière même si le deal TAKEDA - Shire a par exemple gonflé les chiffres du Royaume-Uni. Cela montre un certain essoufflement du marché français", ne peut que constater Sophie Javary. Le marché français affiche pour le moment un recul de 33 % à 141 milliards d’euros, selon les données de Dealogic.
Pourtant, les opportunités existent pour BNP Paribas, qui identifie notamment le bouleversement en cours du secteur automobile, qui est confronté au développement des voitures autonomes, mais aussi les institutions financières, qui dans un cadre réglementaire plus contraignant vont devoir chercher les outils de leur transformation et optimisation via des opérations de M&A. Mais encore les facteurs structurels comme les rationalisations des conglomérats et les spin-off qu’elles entraînent – qui sont des cibles favorites du private equity – ou encore la disruption technologique, génératrice de deals pour accélérer dans l’innovation.
L’année 2018 est aussi celle d’un marché ECM en berne, où les volumes ont été en baisse de 42 % sur un an dans la zone EMEA selon Dealogic, et en particulier du côté des IPO, surtout en France où seul Neoen figure dans le Top 20, avec près de 700 millions d’euros levés. "Les IPO n’ont pas eu de succès en raison de la désaffection des investisseurs américains. Mais les valorisations redeviennent raisonnables, ce qui pourrait conduire à une hausse des opérations P-to-P de la part du private equity", fait remarquer Sophie Javary. Qui juge que le non coté, qui regorge de liquidités, cherchera à se diversifier dans d’autres types de deals, cotés ou en minoritaire par exemple.
Au final, dans un marché plus difficile, BNP Paribas a eu du mal à préserver son leadership des league tables sur le marché français gagné en 2017. La banque de la rue d'Antin se classe en cinquième position temporaire avec 24,08 milliards d’euros de deals conseillés selon Dealogic, mais glane la troisième place en nombre d’opérations (37), derrière Rothschild et Lazard. Pour 2018, elle compte sur son expertise dans les sociétés publiques par exemple via la constitution d’un pôle financier à La Poste, ADP ou encore la Française des Jeux. Mais aussi l’accompagnement des corporates dans leurs investissements dans des start-up, qu’ils conçoivent de plus en plus via des fonds dédiés. Sophie Javary fait donc preuve d’un optimisme prudent, surtout au regard des soubresauts actuels des marchés : "Le pipeline reste aussi actif que l’an passé en cette fin d’année, dans un contexte où le financement est très aisé. Mais la montée de l’attentisme est inévitable avec la correction récente des marchés".
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