Banques / Politique monétaire / Banque-assurance
Banques
Politique monétaire / Banque-assurance
LTRO ciblé : les banques françaises emprunteront 77 milliards d'euros
La BCE a annoncé jeudi un nouveau programme de prêts à quatre ans, qui devrait atteindre 400 milliards d’euros (jusque 7% de leur encours de prêts) et aura lieu en deux fois, en septembre et décembre prochain. Sauf qu’à la différence du premier LTRO, les banques qui iront au guichet seront explicitement tenues d’allouer ces prêts aux entreprises et aux ménages. Un programme calqué sur le "funding for lending" de la Banque d'Angleterre. Selon les estimations des analystes de Morgan Stanley, les pays périphériques devraient emprunter 155 milliards d’euros (dont 54 milliards pour l’Espagne et 75 milliards pour l’Italie). La France et l’Allemagne devraient de leur côté emprunter 77 et 95 milliards d’euros.
Quel sera l’impact pour le coût du crédit ? Toujours selon la banque américaine, les entreprises espagnoles devraient emprunter 30 à 80 points de base moins cher grâce à ce programme et 20 à 40 points de base pour les sociétés italiennes (le taux fixé par la BCE pour ces LTRO ciblées sera 10 points de base au dessus de celui des MRO, situé à 0,15%). Reste à savoir si les banques tiendront leur promesse et augmenteront effectivement leurs volumes de prêts aux entreprises. Car, soulignent les analystes de Deutsche Bank, les banques resteront prudentes tant que les résultats de l’AQR ne seront pas publiés (ils devraient l'être à l'automne).
Sachant que même si elles se montrent davantage enclines à prêter une fois que les stress tests seront passés, la demande pourrait ne pas être si importante. De nombreuses entreprises sont encore en train de se désendetter, estiment certains analystes. Et celles de plus grande taille ont de plus en plus recours aux marchés de capitaux pour se refinancer. Enfin, les analystes estiment que les banques pourraient pratiquer le carry trade en empruntant à bas coût auprès de la BCE et en plaçant cet argent dans des titres d’Etat rémunérateurs. Mario Draghi a cependant précisé que des détails techniques seraient annoncés au moment des deux opérations de prêts, afin qu’une telle possibilité ne se produise pas.
Les annonces de Mario Draghi ont en tout cas eu un impact immédiat sur le niveau de l’euro. Il se traite désormais à 1,356 contre le dollar contre 1,366 la veille de la réunion de la BCE. Cependant, estiment les analystes de Bank of America, si l’euro dépassait de nouveau 1,38 dollar, la BCE devrait sortir de nouveaux instruments de ses tiroirs. « Si la réponse de la BCE n’est pas assez agressive, elle ne parviendra pas à relever le niveau de l’inflation ». Les analystes estiment que les prochains chiffres de l’inflation pourraient à nouveau être décevants mais que la BCE patientera encore avant de lancer des mesures supplémentaires. «Nous pensons que l’euro va rester au niveau plancher de 1,35 dollar, jusqu’à ce que la BCE mette en place un QE de plus grande ampleur, qui pourrait de nouveau faire baisser la monnaie unique » concluent-ils.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

