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La Réserve fédérale américaine dans un corner
Il n'y aura pas de conférence de presse demain soir à l'issue de la réunion de politique monétaire des gouverneurs de la Fed et les analystes et marchés devront donc se contenter du communiqué pour tenter de décrypter les intentions de la présidente. Une chose est quasi certaine : elle ne devrait pas relever ses taux, vu ses déclarations les plus récentes et assez précises sur "l'asymétrie des risques". Une façon pour Yellen de signifier qu'en cas d'accélération de la croissance, la Fed pourra facilement relever ses taux directeurs, mais qu'elle a besoin de davantage de garanties sur la reprise avant d'enclencher un nouveau resserrement monétaire.
Du point de vue des risques financiers en effet, la situation s'est sensiblement améliorée par rapport au début d'année puisque l'indice VIX, suivi de près par les gouverneurs, est à son point bas depuis début décembre 2015, selon Saxo Bank. "Après la hausse de début d'année, qui reflétait les inquiétudes par rapport à la Chine, bonne nouvelle: l'indice est au plus bas depuis fin 2015", explique ainsi Christopher Dembik. Mais selon les analystes d'Oddo, la Fed risque d'avoir de plus en plus de mal à justifier son mandat, qui est d'ajuster la politique en fonction du taux de chômage et de l'inflation, alors que le pays a quasiment retrouvé le plein emploi et que les prix se redressent progressivement. "On voit mal quelle fonction de réaction justifie de laisser les taux directeurs à un niveau si bas alors que l'output gap a disparu et que l'inflation se redresse", critique ainsi Bruno Cavalier. Selon lui, les gouverneurs ont de toute évidence été traumatisés par l'effondrement boursier en début d'année et ont donc décidé de se concentrer sur la stabilisation des marchés financiers.
Le premier paragraphe du communique qui sera publié à l'issue de la réunion, et qui concerne traditionnellement la situation économique du pays, pourrait cependant être l'occasion pour Yellen et les gouverneurs de justifier leur attentisme. Ainsi, alors que le texte de mars mentionnait une "amélioration de l'économie à un rythme modéré", le document pourrait cette fois-ci annoncer des risques quant à la reprise du pays. Selon les analystes d'ING, le PIB du premier trimestre pourrait être inférieur aux 1,4% de croissance des trois derniers mois de 2015. La publication ce matin aux Etats-Unis de commandes de biens durables inférieures aux attentes pour le mois de mars (ressorties à +0,8% contre 1,5% attendues) et d'un indice de confiance des consommateurs plus faible que prévu (à 94,2 au lieu de 96,1 espéré) pourraient en effet présager d'une croissance décevante pour le début d'année. Le chiffre du PIB sera justement publié le lendemain du FOMC et sera donc regardé de près par les marchés, afin d'avoir une idée plus précise de ce que pourrait décider Janet Yellen lors de la réunion de juin. Selon Saxo Bank, une hausse des taux le 14 juin est peu probable, tandis qu'ING estime que celle-ci est possible si les prochaines données macro-économiques se renforcent.
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