Politique monétaire / Taux-dette souveraine / Politique monétaire
Politique monétaire
Taux-dette souveraine / Politique monétaire
La BCE a racheté plus de 1700 milliards d'euros de dette d'Etats
Les Etats souverains vont-ils pouvoir se passer de leur principal mécène, la BCE, qui a massivement racheté leur dette depuis deux ans et demi ? Francfort devrait en effet annoncer le 26 octobre lors de la réunion des gouverneurs, le calendrier de son retrait des marchés, autrement appelé tapering dans le jargon des banques centrales, dans un contexte d'accélération de la croissance économique ne justifiant plus l'APP (asset purchase program). La fin du programme d'achat d'actifs, si elle est menée trop brutalement, pourrait créer un choc important sur le marché obligataire souverain de la zone euro, vu les montant achetés depuis le début.
Entre mars 2015 et septembre 2017 en effet, la BCE a acquis pour 1.748 milliards d'euros de dette d'Etats, selon les chiffres dévoilés cette semaine sur le site de la banque de Francfort. Comme prévu au moment de l'annonce du programme, la BCE a acheté les titres des Etats en fonction de la clé de répartition du capital de la BCE, dont l'Allemagne représente 17%, suivie de la France à hauteur de 14%. Par conséquent, ce sont les deux pays dont la BCE a le plus acheté de titres depuis mars 2015, pour 425,5 milliards d'euros pour l'Allemagne et de 345,6 milliards pour la France. L'Italie et l'Espagne ont également largement bénéficié de l'APP, puisque la BCE a acquis pour respectivement 300 et 212 milliards d'euro d'obligations des pays. La maturité moyenne achetée par Francfort sur les titres allemands, français, italiens et espagnols est respectivement de 6,8 années, 7,7 ans, 8,38 ans et 8,4 années.
Certes, le rendement des obligations de la zone euro, et particulièrement celles des Etats du Sud, avait largement baissé avant que la BCE n'entame son programme d'achats d'actifs : les titres espagnols à dix ans sont ainsi passés de 4,8% début 2013 à 1,15% en mars 2015, au moment où Francfort a commencé à racheter des titres. De même, le taux des obligations italiennes à dix ans est-il passé de 4,4% en janvier 2013 à 1,204% en mars 2015. Ce qui souligne que l'APP n'a pas été le vecteur de baisse des taux souverains, mais a plutôt permis de maintenir les rendements au plus bas ces deux dernières années. Les taux italiens, français et allemands sont actuellement situés à 2,18%, 0,73% et 0,41%, soit des niveaux encore très bas mais en hausse depuis que Mario Draghi a laissé entendre qu'il ferait des annonces sur le tapering en octobre.
Le président de la BCE devrait tout faire pour éviter l'erreur de Ben Bernanke, qui, à l'été 2013, en loupant sa communication sur le tapering, avait entraîné une flambée des taux américains. Mario Draghi pourrait donc adopter un discours très prudent et un retrait le plus plus graduel possible, afin de parvenir à un rééquilibrage en douceur du marché obligataire de la zone euro.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

