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Le prochain défi de Donald Trump : un cabinet moins clivant que lui-même

Le futur Président des Etats-Unis va composer un cabinet parmi sa garde rapprochée, mais aussi les pontes d’un parti républicain qui n’a pas toujours été tendre avec lui. Le challenge sera de créer un groupe unifié à partir de personnalités fortes.
The Trump building
The Trump building

Jusqu’à mardi soir, Donald Trump était un « outsider » au sens premier du terme, ce qui signifie qu’il ne venait d’aucun sérail, d’aucune équipe politique. Ce dernier a rejoint le camp républicain de façon tardive, a été adoubé comme candidat à la convention républicaine de juillet dernier grâce à sa victoire aux primaires, et ce malgré les récriminations de nombreux ténors du parti. Certains comme Paul Ryan, porte-parole républicain de la Chambre des Représentants (qui reste à majorité républicaine comme le Sénat), ont choisi de retourner leur veste et de se rallier au nouveau président. Pour rappel, ce dernier avait annulé une apparition commune avec le candidat le mois dernier, après les révélations sur ses propos choquants envers les femmes dans une vidéo. Ce matin, il a assuré qu’il était « très excité » à l’idée de travailler avec le milliardaire et qu’ils avaient déjà échangé sur la manière de faire fonctionner cette transition de pouvoir.

Pour le moment, Donald Trump va devoir élaborer la composition de son cabinet, qui pourrait être constitué de personnalités fortes, soutiens indéfectibles du candidat même dans les moments les plus sombres de la campagne. Outre son vice-président Mike Pence, l’homme d’affaires pourrait considérer Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des Représentants et candidat malheureux à la présidentielle de 2012 face à Mitt Romney, comme secrétaire d’Etat. Ou encore le sénateur Bob Corker du Tennessee, chairman du comité aux relations extérieures au Sénat.

Au plan économique, les spéculations vont bon train sur la personnalité qui pourrait prendre le titre de secrétaire d’Etat au Trésor. Si l’activiste Carl Icahn, soutien de Trump depuis le début a décliné, le rôle pourrait logiquement revenir à Steven Mnuchin, chairman finance de sa campagne. Ce dernier est néanmoins un pur produit de Wall Street, que Donald Trump a fustigé pendant sa campagne. Ancien de Goldman Sachs, il est désormais patron du fonds Dune Capital Management. Nul ne sait si Peter Thiel, cofondateur de Paypal et businessman révéré de la Silicon Valley qui l’a rallié aux grands cris de cette dernière, aura aussi un rôle à jouer dans cette nouvelle équipe.

Parmi les soutiens indéfectibles figure Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, qui pourrait gagner un rôle de Secrétaire de la Justice. L’ancien candidat à la primaire républicaine, Chris Christie, un moment murmuré comme vice-président, était également sur les rangs mais la condamnation de ses proches conseillers dans le cadre du scandale du Bridgegate pourrait lui coûter le poste. A la défense, Donald Trump pourrait nommer un vétéran républicain, Stephen Hadley, ancien conseiller à la sécurité sous George W. Bush. En outre, le président du comité national républicain, Reince Priebus, pourrait se voir proposer le rôle également central de chief of staff. Enfin, il se pourrait que les enfants de Donald Trump, qui se sont impliqués dans la campagne, aient un rôle à jouer dans la future administration, s’ils sont approuvés par la majorité des deux chambres comme cela est prévu.

Parmi les responsables en exercice, certains pourraient renoncer à leur poste sous cette nouvelle présidence. Selon le Wall Street Journal, Mary Jo White, présidente de la SEC, pourrait présenter sa démission même si son mandat n’arrive à échéance qu’en 2019, au profit d’une personnalité plus encline à revenir sur le Dodd-Frank Act. En revanche, le mystère reste entier sur l’avenir de Janet Yellen, présidente de la Fed. Cette dernière a eu des échanges vifs avec le candidat, qui a critiqué vertement sa décision de maintenir les taux bas. Tout en se réjouissant à un autre moment de profiter de cet environnement pour emprunter.

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