Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Ségolène Royal souffle le chaud et le froid sur EDF
La ministre de l’écologie et de l’énergie fait décidément la pluie et le beau temps sur le titre EDF. En juin dernier, rappelons-le, elle avait provoqué l’effondrement de l'action de l’énergéticien en annonçant qu’elle entendait annuler la hausse des tarifs de l’électricité prévue sous peu. Le groupe, alors dirigé par Henri Proglio n’avait pas réussi, par la suite, à redresser la tête en Bourse, compromettant au passage la cession d’un bloc de titres en vue de réduire la béance budgétaire.
Aujourd’hui, c’est l’inverse. Ségolène Royal a déclaré que de nouvelles centrales nucléaires devraient être construites en France pour assurer le remplacement d'une partie du parc actuel vieillissant. Soit la première déclaration officielle d'un membre du gouvernement en faveur de cette option. "Il faut programmer la construction d'une nouvelle génération de réacteurs, qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées", a-t-elle ainsi stipulé dans un entretien publié sur le site de l'Usine Nouvelle. Soit une excellente nouvelle pour EDF qui profitera, au premier chef, de ces décisions.
La nouvelle loi sur la transition énergétique, qui est actuellement examinée par le Sénat après avoir été adoptée l'an dernier par l'Assemblée nationale, prévoit de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% en 2025. Elle instaure également un plafonnement de la capacité de production nucléaire française à son niveau actuel de 63 gigawatts et implique donc la fermeture de deux réacteurs nucléaires lors de la mise en service da la première centrale de nouvelle génération (EPR), prévue à Flamanville en 2017. En France, EDF doit investir 55 milliards d'euros d'ici à 2025 dans l'entretien de ses centrales actuelles, afin notamment de les adapter aux nouveaux standards de sécurité qui se sont imposés après la catastrophe de Fukushima au Japon. Afin d'étaler les investissements, EDF souhaite pouvoir prolonger la vie de ses centrales au-delà des 40 ans prévus actuellement, jusqu'à 50 voire 60 ans. "Je n'ai pas mis dans la loi sur la transition énergétique une limitation à 40 ans comme le voulaient les écologistes. Certaines centrales peuvent vivre plus longtemps", a ajouté Ségolène Royal.
De quoi redonner une belle bouffée d’oxygène à la nouvelle équipe dirigeante constituée autour de Jean-Bernard Lévy. L’énergéticien finit ainsi en tête des plus fortes hausses du CAC 40, ne perdant plus que 10% sur un an. L’Etat a, de toute façon, tout intérêt à redonner des couleurs au groupe français compte tenu de son poids au capital : il n'en détient pas moins de 84%, sans pouvoir tomber en dessous de 70% au vue de la législation.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

