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Xavier Marin de Fondations Capital se relance avec un partenariat chinois
Xavier Marin, qui a décidé de monter sa propre structure de private equity, Fondations Capital, en 2008 juste avant la crise financière, sait affronter des vents contraires. C’est pourquoi s’il connaît actuellement des déconvenues sur sa participation Courtepaille, il a décidé de rebondir et de miser sur un territoire prometteur mais aussi chahuté. Il vient ainsi de créer la structure FC Group, qui a signé un partenariat avec le fonds chinois China Equity Group à l’occasion de la visite officielle du Premier ministre chinois dans l’Hexagone. L’objectif est d’identifier et de prendre des participations au capital d’entreprises françaises compétitives, qui présentent des opportunités de développement en Chine. Xavier Marin a ainsi souligné le « partenariat innovant dans le private equity » entre un fonds chinois et européen, avec une « triple dimension : levée de fonds, gestion d’actifs et développement opérationnel des entreprises ».
Le sujet intéresse depuis longtemps l’investisseur, qui avait déjà organisé en 2008 une conférence sur le thème « La Chine investisseur » au Sénat. En lançant sa propre structure dédiée à la thématique franco-chinoise, il se positionne ainsi en concurrent du pionnier du secteur, Cathay Capital. Créé en 2006 par Edouard Moinet, un ancien de Siparex, et Mingpo Cai, l’ancien patron de Seb en Chine, le fonds a levé deux fonds en 2008 et 2011 pour un total de 254 millions d’euros. En 2012, la Caisse des Dépôts et la China Development Bank lui ont confié la gestion du premier fonds franco-chinois pour les PME, d’un montant de 150 millions d’euros. Enfin, son alliance avec les organismes publics a une nouvelle fois été consacrée il y a quelques jours, avec l’annonce d’un nouveau fonds de 200/250 millions d’euros dédié aux entreprises innovantes des deux pays. Le véhicule a été abondé à hauteur de 100 millions d’euros par bpifrance et China Development Bank et a vocation à investir des tickets de 5 à 25 millions d’euros dans 12-18 start-ups du numérique sur l'axe franco-chinois.
FC Group et China Equity Group vont donc devoir trouver leur place dans ce marché en plein essor du private equity franco-chinois. L’enjeu est de taille pour le patron de Fondations Capital, qui affronte des vents contraires dans sa société de gestion. Son associé de la première heure, Philippe Renauld, a quitté le navire et le fonds est en mauvaise passe sur sa principale participation, Courtepaille. La chaîne de restaurants, qu’il avait rachetée en 2011 pour 245 millions d’euros dont 160 millions d’unitranche financé par ICG, a subi la crise et brisé ses covenants à partir de fin 2014. Les discussions ont viré à l’aigre entre l’actionnaire, CM-CIC (actionnaire minoritaire et investisseur chez Fondations Capital) et ICG, si bien que ce dernier a décidé en avril d’activer ses nantissements et le transfert de propriété. Une procédure que CM-CIC a tenté de bloquer en justice, au motif que les garanties étaient abusives et que la société n’avait pas cassé ses covenants selon un rapport contradictoire de KPMG. Le juge parisien, où a été signé le contrat de crédit, l’a débouté de toutes ses demandes, mais la procédure reste en cours à Evry, lieu du siège de la société, et au Luxembourg, siège du holding d’acquisition. Le dossier est donc mal embarqué pour Fondations Capital, qui joue ici l’avenir de sa plus grosse participation et la réputation de son premier fonds.
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