Ces think tanks français qui comptent
En matière d’économie et de politique, les think tanks ne manquent pas en France. Ce qui rend difficile de faire une liste exhaustive. Néanmoins des noms, tels que l’Institut Montaigne, CroissancePlus ou le Cercles des économistes sont bien connus des milieux parisiens. Outre les axes qui y sont développés et nourrissent ainsi le débat public, ce sont également les experts dans leurs domaines qui portent ces organisations. Petit tour d’horizon de ces think tanks qui comptent, même si la richesse de ce type d’entités au sein de l’Hexagone oblige à n’en citer que quelques-unes.
L’un des think tanks les plus connus est le Cercle des Economistes. Ce dernier est présidé depuis 1995 par l’économiste Jean-Hervé Lorenzi, qui en est également à l’initiative. Docteur et agrégé en sciences économiques, il est par ailleurs président non-exécutif de l’activité capital investissement du groupe Edmond de Rothschild et président du pôle de compétitivité, finance et innovation. Le Cercle des Economistes organise différents événements annuels dont les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. Parmi ses membres, on retrouve Patrick Artus et Laurence Boone, respectivement chef économistes de Natixis et d’AXA.
CroissancePlus, chapeauté par Jean-Baptiste Danet, ex-CEO de Dragon Rouge et co-président d’Ipanema, fait également partie des entités qui comptent. Cet organisme définit sa mission comme suit : faire évoluer notre cadre économique, social, culturel et sociétal pour faire de la France, le pays le plus favorable au développement des scale-up. CroissancePlus s’est un temps rapproché de PME Finance, entité également engagée pour les entreprises et présidée par Jean Rognetta, directeur de la rédaction de Forbes France.
Compte également dans le paysage parisien : la fondation Robert Schuman, mise en place en 1991, après la chute du mur de Berlin et qui œuvre à la construction européenne. Elle développe des études sur l'Union européenne et ses politiques. On retrouve au sein de son conseil d’administration la diplomate Pascale Andreani ou encore l’ancienne secrétaire d’Etat, Anne-Marie Idrac. L’entité est présidée par Jean-Dominique Giuliani depuis 2000. Licencié en droit et ancien élève de l’IEP d’Aix-en-Provence né en 1956, il a notamment été directeur de cabinet de René Monory, président du Sénat et maître des requêtes au conseil d’Etat.
L’Institut Choiseul fait aussi partie des think tanks qui pèsent dans le débat public. Sous la houlette de Pascal Lorot depuis 2003, l’entité dédie son travail à l'analyse des questions stratégiques internationales et de la gouvernance économique mondiale. Pascal Lorot (1960) est docteur en sciences politiques et en sciences économiques. Il a dirigé le bureau de représentation de la BNP en URSS, avant de devenir chef économiste puis directeur des relations institutionnelles du Groupe Total. Il a également été conseiller au cabinet du ministre de l’Économie et des Finances (Edmond Alphandéry), conseiller de Jacques Attali à la Banque européenne de reconstruction et de développement.
L’Institut de l’entreprise est également impliqué. Son homme fort depuis 2011, Xavier Huillard (PDG Vinci) est polytechnicien et diplômé de l’école des Ponts et Chaussées. L'Institut de l'entreprise a une triple vocation : être un centre de réflexion, un lieu de rencontre et un pôle de formation. Profondément ancré dans la réalité économique, il concentre ses activités sur la relation entre l’entreprise et son environnement et a pour objectif de mettre en avant le rôle et l’utilité de l’entreprise dans la vie économique et sociale, selon ses propres mots. L’institut réunit plus de 130 adhérents (grandes entreprises privées et publiques, fédérations professionnelles et organismes consulaires, institutions académiques, associations…).
Pour sa part, l’Institut Montaigne a été piloté par Henri de Castries de 2015 à 2017, date à laquelle il s’est mis en congés pour soutenir François Fillon. L’ancien élève d’HEC et de l’ENA (promotion Voltaire, 1980) est l’ex-patron d’AXA. Son organisme a pour vocation d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques. L’Institut Montaigne a fait entendre sa voix dans le cadre de la campagne présidentielle, que ce soit sur le revenu universel ou la sortie de l’euro.
Enfin, dernier exemple, celui de la Fondation pour l’innovation politique, portée par Nicolas Bazire depuis 2009. Le Monsieur développement et acquisitions de LVMH est passé par l’IEP de Paris et l’ENA (promotion Braudel, 1987). Ce think tank s’inscrit dans une perspective libérale, progressiste et européenne. S’il doit prendre une part active au débat intellectuel, il doit, à la différence d’un centre de recherche universitaire, être capable de formuler des propositions et des recommandations innovantes à l’adresse des acteurs politiques, économiques et sociaux, tant publics que privés, français et européens, précise l’organisme.
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