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Le private equity très bien introduit auprès de Donald Trump

Alors qu’il avait fustigé le carried interest quand il était candidat, le futur Président a choisi de consulter plusieurs noms du private equity, dont Mitt Romney. Mais il va devoir composer avec les vues des Républicains sur le sujet.
Donald Trump
Donald Trump

Si les deux candidats à la présidentielle américaine s’opposaient sur un grand nombre de sujets, ils étaient en tout cas d’accord sur au moins l’un d’entre eux : renforcer la taxation du carried interest, la principale forme de rémunération du private equity, qui bénéficiait d’une niche fiscale. Pourtant, Donald Trump n’a pas abordé à nouveau le sujet depuis le 8 novembre dernier, et ses récentes nominations démontrent plutôt qu’il souhaite s’entourer de professionnels expérimentés de l’industrie.

Le meilleur exemple est le Républicain Mitt Romney, qui avait eu des mots très durs sur le candidat de son camp, le qualifiant de « fraude » et d’ « imposteur ». Magnanime, Donald Trump l’a néanmoins invité pour un entretien en fin de semaine dernière et pencherait en faveur de sa nomination comme secrétaire d’Etat. S’il n’envisage pas de fonction financière, ce dernier reste un vétéran du private equity puisqu’il a cofondé Bain Capital dans les années 80 et a bien sûr de fortes convictions sur la nécessité de taxer le carried interest comme un gain de capital, et non comme un revenu. Aujourd’hui, il est chairman de Solamere Capital, fondé par son fils, firme qui a racheté Vivint à Blackstone, aux côtés de… Peter Thiel. Le confondateur de PayPal, qui a créé Palantir Technologies et investi dans LinkedIn et Yelp, apparaît comme un gourou de la Silicon Valley, et après avoir alloué 1,25 million de dollars à la campagne de Donald Trump, figure au comité exécutif de son gouvernement de transition.

Parmi les candidats pressentis au secrétariat au Commerce figure également Wilbur Ross, expert du retournement. Celui qui a fondé WL Ross & Co après plus de 20 ans à diriger le département distressed de Rothschild est surnommé le « Roi de la Banqueroute » et s’oppose farouchement à la régulation tout en encourageant les baisses d’impôts. Donald Trump a aussi choisi de faire appel à Stephen Feinberg, patron de Cerberus Capital Management, qui offre ses vues sur la manière de redresser l’économie américaine.

Robert Grady, associé de la firme de private equity Gryphon Investors, a également obtenu l’oreille attentive du futur Président, notamment grâce à son expérience de conseiller politique auprès de George W Bush et sa proximité avec Chris Christie, le gouverneur du New Jersey. Il a dirigé la branche venture et growth capital de Carlye pendant près de dix ans et la National and Venture Capital Association en 2006-2007. Enfin, les récentes nominations incluent notamment William Walton, patron de Rappahannock Ventures et vice-président du Council for National Policy.

Outre la surprise qu’elle a représentée pour la majorité du pays, l’élection de Trump et ses convictions pourraient au final être favorables à la classe d’actifs private equity. Le futur Président a ainsi à cœur de réduire la régulation bancaire, ce qui pourrait permettre à nouveau aux banques d’investir dans le private equity, voire même alléger les obligations du non coté, même si cela reste encore flou. Son programme de baisses d’impôts et de dépenses d’infrastructures, tout comme le cadeau fiscal pour les rapatriements de profits à l’étranger, pourraient stimuler la croissance des sociétés en portefeuilles pour les fonds. Enfin, les baisses d’impôts pourraient même concerner les gérants du private equity, qui pourraient voir leurs revenus professionnels ramenés à 15%, surtout sous l’impulsion d’un gouvernement républicain.

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