Nouvelle ère pour les autorités de régulation américaines
Les autorités de régulation des marchés américaines s’apprêtent à vivre quelques bouleversements. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le 20 janvier, ne se fera pas sans changements à la tête de ces régulateurs. Ainsi, après le départ annoncé dès novembre de Mary-Jo White de la SEC, c’est au tour de Timothy Massad qui dirige depuis presque trois ans la CFTC (commodity futures trading commission) d'être sur le départ. Reconnu comme démocrate, et plutôt strict quant à la régulation du marché des swaps notamment, il devrait laisser la place à Christopher Giancarlo, seul membre républicain de la CFTC, au moins pour une période d’intérim. Ce dernier serait aussi sur les rangs pour prendre la place de manière plus définitive.
Arrivé en 2014, Timothy Massad a travaillé dans un environnement post-crise et a permis de réguler les dérivés internationaux. Il a aussi travaillé avec les autorités européennes pour résoudre l'impasse concernant la régulation des chambres de compensation. En revanche, il a une fois de plus reculé sur les règles concernant les positions limitées sur les dérivés, rédigeant pour la troisième fois des propositions de normes plutôt que d’avancer sur celles déjà existantes. Enfin, Timothy Massad a aussi œuvré, sans succès, pour que le budget de 250 millions de dollars sur les trois dernières années, alloué à la CFTC, soit revu à la hausse, notamment pour lutter contre les cyberattaques. Selon le Wall Street Journal, Christopher Giancarlo devrait pour sa part, et ce comme toute l’administration Trump, assouplir cette régulation post-crise. Il pourrait ainsi revoir les règles concernant les exigences de trading des swaps, qu’il considère comme un frein au développement de ce marché aux Etats-Unis. A l'inverse, il devrait continuer à soutenir la réglementation sur les chambres de compensation et pourrait par ailleurs introduire la notion d’examen pour les traders et brokers sur les swaps.
Du côté de la SEC, plusieurs noms circulent pour remplacer Mary-Jo White, mais un seul semble sortir du lot. C’est celui de Jay Clayton, avocat d’affaires connu par tout Wall Street et associé du cabinet Sullivan & Cromwell, reconnu comme spécialiste de la place financière new-yorkaise. Jay Clayton intervient dans tous les domaines financiers, des IPO aux M&A en passant par les problématiques de gouvernance et de gestion de patrimoine. Il a notamment travaillé pour Goldman Sachs lorsque Warren Buffet a investi 5 milliards de dollars dans la société en pleine crise des subprimes, ou encore comme conseil de Morgan Stanley dans la vente de la division pétrole de la banque et de Bear Stearns pour sa cession à JP Morgan Chase & Co. Jay Clayton serait donc le dernier nommé de l’administration Trump ayant une forte connivence avec Wall Street après la nomination de Steven Mnuchnin comme secrétaire au Trésor et de Gary Cohn comme conseil à l’économie nationale, deux anciens de chez Goldman Sachs. Il y a également eu celle de l’investisseur Wilbur Ross au département du commerce.
Donald Trump étudierait par ailleurs la candidature de Debra Wong Yang, associée du cabinet californien Gibson Dunn & Crutcher et ancienne procureur sous l’administration Bush, en remplacement de Mary-Jo White. Deux autres avocats, conseils de l’équipe de transition de Trump seraient en lice : Paul Atkins, associé principal du cabinet Patomak Global Partners et Ralph Ferrara, associé du cabinet Proskauer. Toujours selon le WSJ, Paul Atkins serait plutôt considéré comme le bon candidat à la vice-présidence de la Fed. Autant dire, que Donald Trump préfère s’entourer de personnalités qui connaissent le monde de la réglementation et des affaires, plutôt que de laisser en place des vétérans de la régulation.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

