Bonus : le private equity est bien mieux loti que les banques en Europe
Le secteur du non coté et des investissements alternatifs est encore bien moins régulé que celui des banques en Europe, et cela a un impact sur les montants des bonus qu’ils perçoivent. Grâce à une année record en termes de sorties, le private equity européen s’apprête à recevoir des bonus moyens de 104 000 livres (141 000 euros), soit 71% des montants des salaires annuels dans le métier, selon les données du cabinet de recrutement Asbury Marsden. Ces enveloppes sont bien plus conséquentes que celles allouées à leurs confrères banquiers : la deuxième catégorie qui va toucher les plus importants bonus est celle de la gestion de fortune et de la banque privée, où les banquiers engrangeront en moyenne 59 000 livres (80 000 euros). Les banquiers d’investissement pointent bien en dessous puisqu’ils ne percevront en moyenne que 24 000 livres (33 000 euros), soit quatre fois moins que dans le non coté !
Selon Asbury Marsden, un tel écart s’explique par la différence de régulation et de profits entre les deux activités. « Les règles de plafonnement des bonus auront un rôle important, mais beaucoup de banques limitent aussi les rémunérations car leurs profits restent sous pression. Les fonds de private equity ne sont pas liés par les mêmes règles sur les bonus, et cela se reflète sur les attentes bien plus élevées des professionnels », analyse Adam Jackson, managing director chez Asbury Marsden.
Par ailleurs, les fonds de private equity ont bénéficié d’un contexte de marché idéal, avec une hausse des cours boursiers et des M&A, qui les ont encouragé à revendre leurs participations au meilleur offrant. Les sorties du private equity ont ainsi atteint 153 milliards de dollars en Europe l’an passé, soit un tiers de plus qu’en 2014 et un niveau même supérieur aux années record de 2006 et 2007. Le marché des introductions en Bourse s’est avéré être un relais important pour les sorties, avec 49 milliards d’euros d’IPO sponsorisées par des fonds, dont la mise en Bourse de WorldPay, valorisé 6,3 milliards de dollars, par Advent et Bain à Londres au mois d’octobre.
De telles performances devraient à nouveau leur profiter puisque les Limited Partners choisissent majoritairement de réallouer les capitaux rendus à leurs gérants. Mais cela risque de finir par poser problème aux gérants, dont le « dry powder » (l’argent collecté mais pas encore engagé par les fonds) est à un nouveau record mondial à 1 330 milliards de dollars. De l’avis de Guy Hands de Terra Firma, « il est très difficile de trouver de la valeur dans ce marché », avec la hausse des prix et la concurrence exacerbée. Les fonds devront désormais relever le défi de la rotation des actifs pour continuer à être une allocation alternative fiable auprès des principaux bailleurs de fonds.
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