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<span>Thales à pleine vitesse</span>
Prendre son envol quand l’économie mondiale tourne au ralenti, c’est le petit luxe que s’offre le groupe Thales en ce début d’année 2016. Après « plusieurs années de quasi stabilité », selon les mots du PDG Patrice Caine, les commandes du groupe ont grimpé de 31% en 2015, à 18,9 milliards d'euros, pour atteindre un chiffre d’affaire de 14 milliards d’euros, en hausse de 8,4%.
Et c’est une « croissance rentable », puisque le bénéfice net gagne 44% pour atteindre 809 millions d’euros. Le groupe renforce également sa trésorerie, avec un free cash flow opérationnel de 1,11 millions, plus du double par rapport à 2014, et une trésorerie nette de 1,98 millions.
Une bonne santé que le groupe veut traduire en une hausse de 21% de son dividende, à 1,36 euros. Les résultats sont bien accueillis par la Bourse de Paris, où le titre gagnait encore plus de 6% à midi.
Autre signe positif, la croissance est plutôt équilibrée entre les zones géographiques et les secteurs d’activité du groupe. Sur les marchés émergents, qui représentent désormais 28% du chiffre d’affaires global, les recettes gagnent 16% en croissance organique, 4 points de plus qu’en 2014, tandis que les marchés « matures » progressent de 0,5%.
Tous les secteurs d’activité sont en progression, à commencer par la « Défense et Sécurité » dont les revenus grimpent de 6,8% en organique, notamment grâce aux contrats liés aux avions « Rafale » en Egypte et au Qatar. L’Aérospatial croît de 1,7%, boosté par la reprise des télécoms civils et le dynamisme du transport aérien. Le bénéfice opérationnel (EBIT) recule cependant de 3% en organique sous l’effet des investissements en R&D.
Les résultats du secteur « Transport » sont plus mitigés : les revenus sont en hausse de 4,1% en organique, avec de gros contrats de signalisation des métros de Londres, Doha et Hongkong. Mais l’EBIT reste déficitaire de 37 millions d’euros, soit 2,4% du chiffre d’affaires. Le secteur retrouve toutefois l’équilibre au second semestre après un « plan de redressement ».
Mais cette croissance sera-t-elle durable ? C’est ce que veut croire l’équipementier, qui annonce « un niveau élevé » de prises de commande en 2016, comparable à la période 2013-2014, ce qui est un « signe de grande résilience » pour le PDG. De fait, le groupe a déjà dépassé ses objectifs pour l’année passée, avec un EBIT en hausse de à 1,216 milliard d’euros (23%), soit 8,6% du chiffre d’affaires, alors que le groupe visait « entre 1,130 et 1,150 milliard ».
Thales multiplie donc les bonnes nouvelles pour le court et moyen terme : en 2016, le groupe annonce une croissance organique du chiffre d’affaires « de l’ordre de 5% », de même que pour 2017 et 2018. Son EBIT devrait croître « de 7 à 9% » cette année, et un taux de marge d'EBIT de 9,5 à 10% pour les deux années suivantes.
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