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Politique monétaire / Sur les marchés
Les marchés redoutent une hausse prématurée des taux de la Fed
Quand la banque fédérale de Boston souffle, le marché éternue. L'indice S&P 500 a perdu 2,45%, vendredi, son plus fort décrochage depuis juin, après que le président de la Réserve fédérale de Boston, Eric Rosengren, ait suggéré une normalisation de la politique des taux aux Etats-Unis. La nervosité a de nouveau été alimentée par l'annonce d'un discours inattendu du gouverneur Lael Brainard ce lundi, en amont d’un geste éventuel de la Fed lors de la réunion du FOMC le 21 septembre. Daniel Tarullo, autre membre du Comité monétaire US, voit de la place "pour un débat vigoureux" sur la politique monétaire à suivre, sans exclure une hausse des taux avant la fin de l'année.
A l'instar des autres places boursières en Europe, Paris évolue en forte baisse lundi, les craintes d'un resserrement monétaire provoquant un regain d'aversion au risque. A midi, le CAC 40 recule de 2,1% ; le SBF 120 perd 2%. Les valeurs cycliques et le secteur financier accusent les plus forts replis. Société Générale recule de 3,8% à 32,08 euros, Axa (-3,6%), Crédit agricole (-3,5%), BNP Paribas (-3,5%).
Pourtant les dernières statistiques US de l'emploi, des ventes automobiles et de l'activité des secteurs secondaire et tertiaire n’invitent pas à une hausse de taux dès le 21 septembre, estiment trois quarts des analystes interrogés par Reuters (25% d’avis opposés), qui parient plutôt sur un resserrement au mois de décembre. L'approche des élections américaines complique également la décision de Janet Yellen alors que très peu de ses prédécesseurs ont relevé les taux à quelques semaines d'un scrutin, par crainte de déstabiliser les marchés dans une période déjà critique pour le pays.
Si toutefois la présidente de la Fed décidait de franchir le pas dès la semaine prochaine, la hausse des taux serait-elle vraiment une catastrophe, comme semblent l’intégrer les marchés ? A mi-juillet, Forbes publiait une analyse de sa rédaction radicalement inverse, jugeant que la hausse des taux pourrait avoir des effets surprenants. Le gourou de Wall Street se plait à souligner qu’en 2013 alors que les rendements des bons du Trésor US avaient grimpé de 1,78% à 3,04% de rendement, la Bourse US avait connu ses meilleurs résultats. Autrement dit, cette année-là, les taux et la Bourse sont montés simultanément, contrairement à la croyance populaire qui veut qu’il y ait une corrélation inverse entre les deux courbes (les taux baissent, la Bourse monte). La logique voudrait que quand les rendements des produits à taux fixes diminuent, les actions deviennent plus intéressantes. « Toutes choses égales par ailleurs », le risque devrait être rémunéré. Sauf que, dans le monde réel, l’environnement évolue constamment, et les exceptions à la règle ont été nombreuses depuis 20 ans.
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