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Gestion d'actifs : pourquoi l’ISR devrait séduire davantage

Les encours progressent en 2015 portés par les assureurs. Plusieurs dispositions pourraient permettre une augmentation plus franche encore de l’ISR ces prochaines années.
Green bonds
Green bonds

Même si les encours dans l’ISR sont passés de 578 milliards d’euros à 746 milliards en un an, ces chiffres sont à prendre avec précaution. En effet, bon nombre de fonds aujourd’hui ISR ne sont que des blocs de conversion, passant d’une gestion traditionnelle à une gestion ISR. En tenant compte de cette donnée, les encours n’ont augmenté que de 3% sur un an « mais cela démontre une véritable démarche ISR de la part des sociétés de gestion et institutionnels», insiste Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic. Ce mouvement de conversion est notamment mené par les produits des assureurs qui ont vu leurs encours passer de 375 milliards d’euros en 2014 à 465 milliards l’an dernier, faisant de ces acteurs les principaux animateurs du marché. Leur poids explique aussi le fait que 75% des encours globaux sont des obligations respectant les critères ESG (environnement, social et de gouvernance).

Le baromètre de Novethic distingue aussi les encours par pratique d’investissement responsable. A noter que les encours des fonds thématiques passent de 9 à 43 milliards d’euros résultant notamment de l’impact des engagements climatiques pris en 2015, les fonds environnementaux représentant 1/3 du poids total. Par ailleurs, le « best in class », permettant de ne garder que les meilleures valeurs de leur catégorie au regard des critères ESG, continue à progresser avec plus ou moins de sélectivité dans les valeurs. Ainsi, la gestion qui consiste à rejeter les investissements dans les entreprises ayant un risque ESG majeur progresse de 12% sur un an. Enfin, pour la première fois, Novethic distingue l’impact des stratégies ISR dans les portefeuilles des sociétés de gestion. Ainsi, l’ISR de conviction, qui regroupe les stratégies de « best in class » excluant plus de la moitié de l’univers d’investissement, le « best-in-universe » excluant plus de 25% des titres ainsi que les investissements thématiques, totalise 54 milliards d’euros.

Reste que plusieurs paramètres pourraient continuer à jouer en faveur du développement de l’ISR dans le monde de la gestion et des institutionnels. Le premier repose sur l’article 173 de la loi de Transition Énergétique et Écologique qui vise à créer une obligation de reporting pour les investisseurs institutionnels sur leur gestion du risque climat et la prise en compte des critères ESG. Déjà, 17 investisseurs dont 5 institutionnels ont défini une stratégie climatique, près de la moitié déclarant l’avoir fait pour contribuer au financement de la transition énergétique, 40% pour maîtriser les risques de transition et un quart pour gérer les risques liés au changement climatique. Par ailleurs, les agences de notation de crédit, Moody’s et Standard & Poor’s, ont signé hier un protocole d’accord avec le PRI (réseau international qui promeut l’ISR créé en 2006 sous l’égide de l’ONU) s’engageant à prendre plus en considération les critères ESG dans leur notation sur les émetteurs de crédits. Cela devrait engendrer une augmentation des green-bonds sur le marché et pourquoi pas voir l’émergence des social bonds (permettant de financer des projets sociaux) en France.

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