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"Les excédents d'exportations allemands sont préjudiciables à la zone euro"

Jusqu'à présent, Berlin refusait les critiques émanant de la Commission européenne.Désormais le ministre de l'Economie allemand reconnait les risques liés à l'excédent de leur balance courante. Une petite révolution.
Sigmar Gabriel ministre de l'économie allemand
Sigmar Gabriel ministre de l'économie allemand

Le Sueddeutsche Zeitung note ce mercredi un « changement de tendance au ministère de l'Economie ». En effet, le quotidien révèle que « le gouvernement fédéral reconnaît que les excédents d'exportations sont un problème ». « Jusqu'à présent, le ministère de l'Economie allemand avait rejeté avec véhémence les critiques portant sur le niveau élevé de l'excédent budgétaire allemand, ajoute le SZ. Mais dans une note interne, il s'engage désormais sur une correction de la trajectoire. Cela devrait aussi faire naître de la colère au sein de la coalition ». Le journal, qui a réussi à se procurer la note interne, estime qu'il s'agit là « d'un retournement de situation dans la confrontation avec la Commission européenne ». « Dans le document, il est reconnu pour la première fois, sans restriction, qu'un 'déséquilibre excessif et durable' de la balance commerciale de certains pays européens est 'préjudiciable à la stabilité de la zone euro' . C'est donc pour cela que la Commission européenne est à la recherche de tels déséquilibres. Les autorités bruxelloises doivent faire savoir ce mercredi si l'Allemagne viole, de leur point de vue, le droit européen ».

Le Handelsblatt s'intéresse quant à lui à la troïka, dans un article illustré d'un combat de coqs... et intitulé : « l'alliance des sauveurs de l'euro se déchire ». « Ils faisaient équipe avant pour aider les pays de l'euro en crise, dans la détresse. Mais la troïka composée du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne était fragile depuis le début. Désormais, la rupture menace ». Le Handelsblatt, qui rappelle que le trio est très mal vu en Grèce, ajoute : « ce n'est pas seulement dans les rues d'Athènes qu'il y a des critiques massives à l'encontre de la troïka – mais aussi au plus haut niveau, à Bruxelles. Par exemple de la part de la vice-présidente de la Commission européenne Viviane Reding. Elle dit depuis longtemps : 'la troïka devrait être abolie'. Le Parlement européen se situe dans la même veine. »

Enfin, dans un autre article, le Handelsblatt rapporte que « l'UE veut faire passer à la caisse les petites banques ». « Dans le fonds de liquidation européen, les banques doivent payer en fonction du risque de leurs sociétés. Mais le principe est inégal. 'Les caisses d'épargne et les coopératives vont subventionner les grandes banques', estime le Vert Giegold ». Selon des documents de travail de la Commission, obtenus par le Handelsblatt, l'UE travaillerait sur la question. « Il y a, à Bruxelles, des réflexions visant à repousser une partie des charges des grandes banques d'investissement sur les petits établissements ». Pourtant, le quotidien rappelle qu'au départ, la participation devait être liée au risque. Désormais, selon le document « 'une part significative' de la participation devrait être 'indépendante du risque' ».

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a également répété mardi que la Banque centrale européenne (BCE) ne devrait superviser directement que les plus grandes banques de la zone euro, et que la supervision des autres établissements devrait être confiée aux autorités nationales, selon le quotidien allemand Börsen-Zeitung. Le ministre s'exprimait dans un contexte de craintes outre-Rhin de voir l'autorité de la BCE, qui doit s'appliquer à une vingtaine de banques allemandes, s'étendre à tout le secteur bancaire, ajoute le journal.

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