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"Les gouverneurs de la BCE à couteaux tirés"
« Les autorités monétaires de la zone euro ont fait des annonces tonitruantes, hier », raconte le site de la télévision Nachrichten TV : « les achats d’obligations d’Etat sont désormais clairement considérés comme une option probable. Mais toute la question est de savoir si c’est le bon moment » s’interroge le média. Il y a de nombreux arguments qui montrent que le QE ne devrait pas commencer d'ici peu. Pour l’instant, la BCE n’a pas encore eu les moyens d’évaluer l’impact des ces mesures non conventionnelles sur l’économie et notamment les TLTRO, continue le journal. « L’important pour Mario Draghi hier était donc de parvenir à faire passer un message puissant en attendant que les discussions se poursuivent et aboutissent » estime le journaliste. Mission réussie même s’il se trouve désormais à un carrefour dangereux conclut le média. Car les mesures décrites par Draghi sont encore très controversées. S’il décide de passer à l’acte, ce serait certainement un feu d’artifice sur les marchés, difficile à contrôler.
« La Deutsche Bank exprime son scepticisme vis-à-vis de l’achat de titres souverains », titre de son côté le site finanzen.net. AlexanderDüring économiste au sein de la banque allemande s’est ainsi exprimé récemment dans une note, soulignant que le QE n’avait aucun intérêt en zone euro. Ainsi, selon lui, les anticipations d’inflation à cinq ans sont calquées sur les rendements et comme celles-ci sont en baisse, les rendements souverains sont déjà au plus bas. Autre critique de l’économiste, le fait que la BCE si elle rachète des titres d’Etats souverains, le fera en proportion de la clef de répartition des Etats au capital de la BCE. Or la France et l’Allemagne sont les deux principaux contributeurs de Francfort, ce qui signifie que la BCE rachètera majoritairement des Bunds et des OAT dont les taux sont déjà au plus bas !
Le ministre des finances de Bavière a également exprimé son désaccord avec une politique de QE et a vertement critiqué les annonces de Mario Draghi, raconte de son côté le Handelsblatt. Selon Marküs Söder, ministre du länder, la politique de rachats de titres souverains est tout bonnement dangereuse. Car cette procédure va transférer le risque pris par la banque centrale au contribuable. « La BCE est en train de faire exactement ce qu’elle interdit à toutes les banques européennes, prendre des risques inconsidérés » a-t-il déclaré. La politique de taux zéro n’a pas fonctionné pour relancer l’économie estime le ministre munichois, qui déconseille donc de prendre des mesures supplémentaires.
Selon le Spiegel, Mario Draghi a clairement laissé entendre que certains gouverneurs seraient opposés au QE, si le président décidait de le mettre en place. « Les autorités monétaires sont à couteaux tirés » entame ainsi le quotidien. « Pour Mario Draghi il s’agit du dernier espoir, pour la plupart des allemands d’un scénario de film d’horreur », relate le journal au sujet du programme de rachats de titres. Le QE a visiblement fait l’objet des débats les plus vifs au sein du conseil des gouverneurs, raconte le quotidien. « Il y a eu une discussion assez riche sur le QE », a déclaré Draghi. "Il y a eu un débat tendu", estime le Spiegel. Comme le rapporte Bloomberg, Weidmann et Lautenschlager ont d'ailleurs voté contre la formulation adopté par Draghi hier dans la communication officielle et notamment le fait que l'expansion du bilan de la BCE sera recherché. Car il s’agissait selon eux d’un signal trop clair d’achats d'obligations. Mais les deux allemands n’ont pas été entendus.
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