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Bras de fer entre IG Metall et le patronat de la métallurgie 

La situation est tendue outre-Rhin, alors que le principal syndicat allemand a débuté une grève dans le pays. Du côté politique, l'Union de Merkel et le SPD continuent leurs échanges afin de trouver un accord pour gouverner.
Industrie française
Industrie française

Les négociations entre l'Union et le SPD en vu de la formation d'une grand coalition se poursuivent. Et dans les médias, les informations fuitent au fur et à mesure. On apprend ainsi dans le Spiegel que « les cotisations sociales ne doivent pas dépasser 40% : l'Union et le SPD se sont mis d'accord lors des négociations. » La limitation serait en vigueur jusqu'à 2021. « Nous voulons stabiliser les cotisations sociales dans l'intérêt du salarié et du patron », peut-on lire dans un document que le Spiegel s'est procuré.

Autre sujet évoqué dans le document : les relations économiques entre l'Allemagne et la France. « Selon les plans des négociateurs, les deux pays devraient davantage coopérer économiquement », annonce le Spiegel. « Nous allons convenir avec la France de mesures concrètes pour réaliser un espace économique franco-allemand, avec des règles communes, notamment en matière de droit des sociétés, et nous mettre d'accord pour rapprocher les assiettes fiscales de l'impôt sur les sociétés », peut-on lire dans le document, cité par l'agence de presse DPA.

Parallèlement à ces négociations, situation exceptionnelle en Allemagne : pour la première fois de son histoire, le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall a appelé à des grèves de 24h dans les entreprises du secteur. Die Zeit précise : ce mercredi, 80 entreprises étaient touchées, soit environ 68 000 salariés. Ce mouvement fait suite à l'échec des négociations, dimanche dernier, avec le patronat. Le syndicat souhaite une revalorisation des salaires et une diminution du temps de travail, avec la possibilité de passer à 28h par semaine pendant 2 ans. Ce que le patronat refuse.

En réaction, des employeurs bavarois ont annoncé avoir déposé une plainte en justice, rapporte notamment le Handelsblatt. Selon le quotidien, Jürgen Wechsler, responsable bavarois d'IG Metall, « accuse le patronat de jeter de l'huile sur le feu ». « Au lieu de chercher sérieusement une solution avec IG Metall à la table des négociations, le patronat se cache depuis le début des négociations derrière des constructions juridiques douteuses ». Ce jeudi et vendredi, de nouvelles entreprises devraient être touchées par les grèves, au total, plus de 250, affirme le Handelsblatt. Selon les économistes, les pertes devraient se chiffrer à au moins 62 millions d'euros par jour.

Les observateurs craignent que le mouvement ne fasse des émules dans d'autres secteurs de l'économie allemande. La Sueddeutsche Zeitung rapporte par exemple que les soignants commencent à se mobiliser. « Ceux d'IG Metall veulent moins travailler et gagner plus. Les soignants, eux, ne reçoivent qu'une maigre pitance. Pour changer cela, ils doivent enfin renforcer le poids de leur syndicat ». Car, selon un édito du quotidien, pour le moment, « les voitures ont plus de valeur pour la société que les soins ». Si les syndicats obtenaient gain de cause, le coup de boost apporté aux salaires allemands pourrait faire grimper l'inflation. Un sujet sur lequel Mario Draghi a d'ailleurs été interrogé lors de la dernière conférence de presse. 

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