Feuilleton de l'été
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Jean-Marc Forneri, Bucéphale Finance : Le marseillais suractif
Chez Bucéphale Finance, Jean-Marc Forneri, 55 ans, est comme un poisson dans l’eau. Cet énarque passé au cabinet d’Edouard Balladur aime travailler dans des structures à taille humaine. C’est déjà ce qui l’avait poussé à s’entendre avec Laurent Boix Vives, le patron des skis Rossignol à la fin des années 80 pour s’occuper de son développement avant de rencontrer Nicholas Clive Worms qui allait lui forger son goût pour la banque d’affaires.
En 1996, c’est Rainer Gut, le numéro un de Crédit Suisse qui va définitivement le plonger dans le monde des fusions-acquisitions en le bombardant à la tête de CSFB France. C’est là qu’il va conseiller les plus gros deals du moment : l’entrée d’EDF dans Dalkia, la fusion de Coflexip avec Technip, l’acquisition de Simco par Gecina ou celle de Legrand par KKR/Wendel. Mais là encore, c’est le goût pour l’autonomie qui va le pousser à quitter cette institution internationale pour créer sa boutique en 2004.
Son crédo est simple : pour vivre bien, pas besoin d’un grand nombre de clients. « L’essentiel est dans la relation tissée avec les grands patrons », reconnaît ce natif de Marseille qui compte parmi ses amis proches François Pinault ou Albert Frères. Dans les très grandes maisons, pas facile de dire ses quatre vérités à un client qui a décidé de réaliser une opération pourtant contreproductive. Dans une boutique, le problème ne se pose même pas puisque le banquier conseil ne peut se permettre de mener son client dans le mur. D’où l’importance de savoir dire non. Mais aussi d’avoir un service d’exécution hors pair, de manière à traiter jusqu’au bout les différents deals. Ce qui a permis à Bucéphale Finance d’être l’un des conseils du deuxième plus gros LBO réalisé l’an dernier, à savoir la vente d’OGF à Pamplona.
Aujourd’hui, Jean-Marc Forneri mise sur le Moyen-Orient. Il a notamment été le conseil de la Caisse des Dépôts dans la création d’un fonds franco saoudien pour favoriser des investissements en infrastructures en Arabie Saoudite. Il conseille aussi les gouvernements sénégalais et ivoirien pour permettre à des saoudiens d’investir dans des projets touristiques et d’infrastructures. Ce grand collectionneur de bronzes iraniens du 1er millénaire avant Jésus Christ est sur trois gros deals prévus pour la rentrée. L’un est franco français, les deux autres ciblent des entreprises américaines et européennes. Les journées n’ont d’ailleurs pas trop de 24 heures pour cet amoureux des arts puisqu’il est parallèlement président du conseil de surveillance du Port de Marseille, administrateur de Safran, ICE, ce petit Poucet devenu ogre en croquant le géant Nyse Euronext, et Balmain. Il est aussi administrateur du festival d’Aix en Provence et vice-président de la Société des amis du château de Versailles. De quoi occuper ses soirées d’hiver et ses rares moments de libre. « La vie est faite de rencontres et de coups de cœur », aime-t-il à dire pour expliquer son parcours. Son grand rêve maintenant : pouvoir accorder 100% de son temps au monde de l’art qu’il affectionne plus que tout. Pour le moment, cela n’a pas l’air d’en prendre le chemin.
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